Un jour, une idée

Ao Yun, le vin chinois qui vise l’excellence

Déguster un vin d’exception produit sur les contreforts de l’Himalaya, c’est embarquer pour un authentique voyage gustatif

Les produits chinois importés dans nos contrées souffrent d’un déficit d’image. Longtemps peu qualitatifs, ils sont encore exclusivement, dans l’esprit de beaucoup, ce qu’ils furent parfois: de pâles copies réalisées à bas coût. Une conception caricaturale qui ne correspond évidemment plus toujours à la réalité, beaucoup plus nuancée.

Notamment en matière de vin, domaine d’activité qui nécessite bien davantage qu’une simple usine où s’affaire une main-d’œuvre bon marché. Le préalable indispensable à toute culture de la vigne? Un terroir propice, bien sûr. C’est précisément pour cela que Moët Hennessy a confié à l’œnologue australien Tony Jordan, il y a quelques années déjà, la tâche à la fois délicate et titanesque de parcourir la Chine en vue de découvrir un terroir d’exception.

Après quatre ans d’exploration, la pépite semble enfin trouvée sur les rives du Mékong. Le site de Shangri-La bénéficie d’un air sec évitant la propagation des maladies et de températures comparables à celles de la région de Bordeaux. Seule l’altitude, effarante, laisse songeur: les quelque 30 hectares de vignes exploités, composés de 320 parcelles, se situent entre 2200 et 2600 mètres.

Une entreprise fantasmée

Un projet sous forme de pari pour le groupe français, qui concrétise là une entreprise fantasmée par beaucoup: produire aux antipodes de son berceau historique un nectar qui, un jour peut-être, appartiendra au cercle restreint des crus les plus renommés au monde. L’œnologue Maxence Dulou y travaille déjà d’arrache-pied depuis plusieurs années, mêlant ses connaissances pointues à celles, indispensables, des partenaires locaux, paysans pour la plupart à qui les arpents de terre sont loués.

Composé de cabernet-sauvignon (90%) et de cabernet franc (10%), le premier millésime commercialisé (2013) semble déjà très abouti, avec des notes épicées et poivrées complexes, une belle puissance et une étonnante fraîcheur. De quoi envisager un bel avenir pour ce vin confidentiel et étonnant à plus d’un titre!


Ao Yun, disponible chez Globus Genève, 48, rue du Rhône, au prix recommandé de 329 fr.

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