e-bike

A Milan, les étudiants de l’ECAL réinventent le principe du vélo Solex

L’éditeur tessinois d’objets électroniques Punkt. a proposé à trois grandes écoles de design de réfléchir à une bécane électrique

De Punkt. (avec un «.» à la fin), petit éditeur de design tessinois qui a fait de l’objet technologique lo-fi son credo, on connaît un fameux téléphone sans fil. Un appareil mobile tout simple (un combiné, des touches, un petit écran noir et blanc et basta) qui semble venir d’un autre âge. Ce look à contre-courant, ce design «no design», Punkt. le doit aux talents de son directeur artistique, le Britannique Jasper Morrison. coinventeur avec le Japonais Naoto Fukasawa du concept d’objet «supernormal».

L’année dernière au Salon du meuble de Milan, des étudiants en master en design de produit de l’ECAL avaient déjà planché sur une série de prototypes – une lampe torche, une imprimante murale – avec la marque suisse. Cette année, le brief a été étendu aux élèves de deux autres écoles européennes qui forment aux métiers du design industriel: la Design Academy d’Eindhoven et le Royal College of Art de Londres. Le projet? Dessiner un vélo électrique. Un objet d’un coup sacrément gros pour Punkt. chez qui la production dépasse rarement la taille d’un caisson cache-câbles. «L’idée est de mettre ensemble trois écoles de trois villes où la mobilité douce est très différente, explique Alexis Georgacopoulos, directeur de l’école d’art lausannoise. Et de voir comment, entre Eindhoven où la petite reine est roi, Londres où c’est déjà moins évident et Lausanne avec ses rues en pente, nos étudiants imagineraient un tel véhicule.»

Les Néerlandais et les Anglais sont partis sur une vraie bécane avec cadre, pédalier, phare et tout le tremblement. Pas l’ECAL, qui s’est davantage inspirée de la philosophie de l’éditeur de Lugano en proposant «e-CAL 1020», un petit boîtier motorisé connecté au pneu de la roue avant. «C’est le principe du Solex. Le moteur est fixé à la fourche. Une bande roulante entraîne ensuite la roue sur laquelle elle est posée.» C’est malin et complètement Punkt. Mais c’est encore à l’état d’ébauche.

Autonomie, efficacité, fonctionnalité? Le petit moteur se sert de la seule force motrice humaine pour se recharger. Son générateur est semblable au KERS, système de récupération de l’énergie cinétique utilisée en Formule 1. «Il récupère ainsi l’énergie de freinage déployée sur les pentes descendantes qui serait gaspillée autrement en chaleur, pour la convertir avant de la stocker. Il la réinjecte ensuite dans la roue selon le besoin», reprend Alexis Georgacopoulos. Cela dit, The Punkt. Urban Mobility Project n’est encore qu’une ébauche. «L’idée n’est pas que ces vélos voient forcément le jour. Il s’agissait surtout de voir de quelles manières nos trois établissements envisageraient un tel projet.»



The Punkt. Urban Mobility Project, Palazzo Litta, Corso Magenta 24, Milan

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