En espagnol, l’expression «a altas horas» fait référence aux petites heures après minuit, lorsqu’on se laisse glisser dans la nuit, tels des somnambules créatifs ou épicuriens ne voulant plus fermer les yeux. Un moment de création ou de folie, ou les deux: voilà ce qu’évoque l’aventure de cette nouvelle marque de bijoux qui célèbre les 20 ans de carrière de la designer.

A 43 ans, Sonia Lacroix a déjà lancé plusieurs marques, dirigé sa propre joaillerie et dessiné une pléthore de modèles de montres et de bijoux pour les plus grands noms du luxe. Ses créations se sont fait une place dès la fin de sa formation technique en joaillerie classique à Genève, ce qui lui a permis de passer directement des ateliers de son école à ceux de la maison Piaget, une référence de la place, et à l’international.

Elle y dessine notamment des montres-bijoux et a le privilège d’y côtoyer une pointure telle que Jean-Claude Gueit, disparu l’an dernier à l’âge de 83 ans. On doit à ce grand homme de la création horlogère des modèles iconiques tels que la Riviera de Baume et Mercier, la Polo de Piaget ou l’invention du sertissage arc-en-ciel.

De ses débuts à aujourd’hui, Sonia Lacroix développe son propre vocabulaire artistique, qui s’affirme aujourd’hui avec le projet qu’elle définit comme «le plus fou et le plus personnel». Celui-ci cristallise le penchant flamboyant de ses origines espagnoles avec son amour pour l’art concret et la géométrie.

Parmi ses sources d’inspiration, elle évoque le travail de l’artiste vénézuélien Carlos Cruz-Diez, obsessionnel de la couleur, qui la fait vibrer sur plusieurs supports comme dans l’espace. Et pour allier le geste à la parole, elle sort un disque de sa collection de vinyles, qui nous plonge dans l’ambiance exotique et joyeuse d’un morceau des années 1950 de Xavier Cugat, dans un style qu’elle appelle le «glamour Hollywood tropical».

La première collection dévoilée, qui sort après deux ans de préparation, s’intitule Mambo et se focalise sur une série de boucles d’oreilles réalisées en aluminium. «Ce métal mou est difficile à travailler mais se stabilise, il devient inaltérable une fois éloxé, précise-t-elle. Je l’associe avec des pierres précieuses et de l’or 18 carats pour donner vie à des pièces pérennes. J’ai aussi prévu de le marier avec du titane.»

Déclinées en quatre versions, les pièces condensent des savoirs artisanal et technologique. Les pans des boucles d’oreilles captent la lumière, créant un jeu subtil avec le mouvement, et entament une danse avec elle.


Bijoux Aaltas, collection Mambo, à partir de 550 fr. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».