A chaque décennie sa dégaine, sa silhouette marquante. A chaque époque, ses sédiments stylistiques déposés en couche uniforme dans la mémoire collective. Voilà pourquoi les fêtes déguisées célébrant telles années ou telle décade charrient perpétuellement les mêmes référents esthétiques. Les soirées seventies, par exemple, sont toujours remplies de faux hippies affublés de pattes d’eph, d’imprimés tie and dye et de lunettes rondes colorées. De même, les sauteries eighties font immanquablement ressurgir de maxi-épaulettes à la working girl ou du lycra fluo d’un côté, des jeans déchirés et des ceintures cloutées façon punk de l’autre. Qu’on les trouve géniales ou grotesques, ces panoplies ont une fonction mémorielle: elles racontent l’état de la société à un moment de l’histoire, au sein d’une population donnée. Elles rappellent les vagues qui nous ont un jour submergés.