rubannerie

«Anoblir le bracelet grâce au raffinement des tissages»

Grâce à son partenariat avec «Julien Faure» depuis 2009, Tudor propose neuf bracelets tissés inédits et exclusifs

En 2010, Tudor a été la première grande marque à lancer le bracelet tissu, jusque-là le domaine de quelques collectionneurs inspirés de la montre militaire. Depuis, la marque genevoise a été copiée par beaucoup d’autres.

«C’est le principe du bracelet OTAN amélioré, explique Christophe Chevalier, le porte-parole de la marque qui propose une gamme de montres entre 2000 et 6000 francs. Nous sommes les premiers à avoir eu l’idée de faire un bracelet en tissu inspiré du monde des connaisseurs très pointus. Sur cette base-là, nous voulions donner toutes ses lettres de noblesse au bracelet tissu. Il fallait donc un métier d’art pour cela. C’est naturellement que nous nous sommes tournés vers «Julien Faure».»

Le rapprochement a lieu en 2009, le premier produit exclusif sort en 2010. «Aucune autre maison du luxe n’avait à ce moment-là cette approche somme toute un peu iconoclaste. Nous souhaitions anoblir ce bracelet grâce au raffinement des tissages.»

Le premier bracelet tissu Tudor fabriqué est aussi inspiré du monde de l’automobile vintage et des ceintures de sécurité anciennes. Avec la possibilité de régler facilement la longueur et de prêter facilement la montre de Monsieur à Madame. Et vice-versa.

Le lien avec la montre militaire demeure en tout cas très présent dans l’identité de la marque 100% suisse (à l’exception des bracelets tissus fabriqués en France). Notamment avec les modèles «Heritage Black Bay», directement inspirés des montres Tudor qui ont équipé entre autres la Marine française pendant des années. «La collection Heritage est la colonne vertébrale du nouveau Tudor, précise Christophe Chevalier. Nous proposons systématiquement ces montres avec deux bracelets, dont un en tissu.» Car ces bracelets tissés font dorénavant partie intégrante de la nouvelle signature Tudor.

Les designers de l’horloger travaillent en collaboration étroite avec les techniciens du rubanier. Ensemble, ils ont créé neuf bracelets tissus différents. Chaque montre Tudor de la ligne Heritage a son propre bracelet tissé, qui correspond à son univers, du fonctionnel des montres de plongée notamment à celui de la mode de luxe et de la joaillerie.

En dehors du bracelet «camouflage», Tudor propose entre autres un bracelet à la dominante bleue (la couleur d’origine Tudor), finement alvéolé façon nid-d’abeilles avec deux couleurs: une chaîne (la longueur du ruban) noire, agrémentée d’une trame (la largeur du ruban) bleue.

Autre merveille: le bracelet de soie noir façon smoking. 640 fils entrelacés, la limite des machines «Julien Faure». «A chaque demande de Tudor, nous avons répondu: «C’est possible, mais il faut nous laisser du temps», rigole l’actuel directeur. Pour le bracelet 640 fils, sorti en 2013, il a fallu par exemple six mois de conception. Avec des moments de doute, tant la difficulté technique était grande.»

Et ce sont les bracelets fabriqués pour Tudor qui rendent les employés du rubanier le plus fiers. Malgré l’usage sportif qui peut être lié au port des montres de la marque, les bracelets en tissu ne bougent pas d’un fil. «Nous avons relevé le défi de fabriquer des rubans d’une grande finesse et d’un immense raffinement, mais aussi très solides et donc durables, poursuit Julien Faure. Toute l’industrie horlogère a voulu copier Tudor. Souvent en ayant recours à des fabricants qui utilisent des métiers à tisser automatiques avec des fils beaucoup plus gros. Ce n’est de loin pas la même qualité au final, et donc pas la même tenue dans le temps.»

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