Clap de faim

Arthur’s Rive gauche

Restaurant branché situé au bout de la célébrissime rue du Rhône, le Arthur’s propose une cuisine cosmopolite bien ordonnée. Quelques réglages restent à faire… 

Pourquoi est-ce si difficile d’accepter le temps qui passe? Une chose est sûre, les modes et nos habitudes changent et nous changeons avec elles. Notre adaptation aux nouveautés se fait tant bien que mal, malgré le récurrent «c’était mieux avant» qui, perfide, s’impose dans nos raisonnements au fur et à mesure des années.

Dépourvue d’âme et de substance, la rue du Rhône à Genève est l’exemple de cette évolution où les «commerces de vie» n’ont plus leur place. Dans cette artère mondialement connue pour ses bijouteries et magasins de luxe, la majorité des restaurants et des cafés ont disparu.

Seul en salle

Et pourtant, certains prennent le pari de s’y installer pour lui redonner un semblant de panache. Tandis que d’autres tiennent le coup, s’accrochent et tentent la continuité en se réinventant. C’est le cas du Arthur’s Rive gauche qui, force est de constater, reste «droit dans ses baskets» depuis maintenant 20 ans.

Cet établissement chic et branché a récemment fait peau neuve. A l’entrée, le bar est imposant et les boiseries confèrent au salon élégance et raffinement. Les tons deviennent judicieusement plus clairs vers une salle à manger lumineuse où le blanc rivalise avec une dominante bleu roi tachetée de jaune.

Sensation incongrue que d’être assis le premier dans une salle de restaurant. A l’heure où les deux aiguilles de la montre s’alignent sur le 12 dans une parfaite verticalité horlogère, un face-à-face gentillet s’installe entre le client et le personnel de salle au moment du repas. Un poil trop tôt? Un moment de flottement ambiant? Sans doute, à en croire le jeune serveur qui grignote sans réserve un morceau de pain.

L’œuf parfait

Fraîchement débarqué, le chef Jean-Louis Foraster joue la carte de la brasserie moderne en surfant sur les actualités culinaires du moment. Une buffala aux tomates en trois couleurs et un saumon fumé et son tartare de Granny Smith ainsi qu’un pavé de saumon d’Ecosse façon teriyaki et un tataki de thon, sésame et coriandre sont de la partie avec un air de déjà-vu et revu.

En revanche, le carpaccio et espuma de betterave, appenzeller, viande des Grisons et œuf parfait sort des sentiers battus. Une rosace de fines tranches de betterave crue et cuite vient charpenter une espuma de betterave qui manque cependant cruellement de relief, et le fromage taillé en julienne n’y change rien. L’œuf quant à lui est cuit à la perfection et laisse le jaune une fois incisé se déverser langoureusement sur une dominance de rouges.

Le suprême de volaille fermière s’avère être aussi savoureux que tendre. Le chef pratique quelques incisions dans la peau du poulet et glisse dessous de petits morceaux de citron confit. Moment subtilement acidulé. Accompagné d’un risotto fort timide en safran et un brin trop cuit, l’ensemble reste malgré tout goûteux et gourmand. A noter que l’accord mets et vins fonctionne à merveille grâce à un choix judicieux proposé pour chaque plat.


A déguster

Arthur’s Rive gauche, 7-9, rue du Rhône, Genève, 022 810 32 60, www.arthurs.ch

A consulter

Le blog d’Edouard Amoiel, www.crazy-4-food.com

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