Ni animal ni végétal, le monde des champignons est vaste et diversifié. Et nous n’en connaissons actuellement qu’une infime partie. Discrètes, résistantes, omniprésentes, certaines espèces sont visibles à l’œil nu, mais la plupart sont microscopiques et travaillent dans l’ombre depuis des millions d’années jouant un rôle primordial dans les écosystèmes naturels.

Le mycélium, qu’on pourrait définir comme la racine et le système digestif des champignons, permet un échange vertueux de nutriments mais aussi d’informations. Surnommé «l’internet de la forêt», ce réseau racinaire voit les filaments des champignons opérer telles des connexions cérébrales. Les scientifiques ont d’ailleurs déjà fait appel à leur intelligence. En 2010, au Japon, une moisissure visqueuse répondant au nom de Physarum polycephalum a été utilisée pour modéliser une partie des réseaux du métro de Tokyo. Il a fallu moins de temps à ce micro-organisme qu’aux ordinateurs pour explorer toutes les options et identifier le parcours optimal. Sa façon de se frayer un chemin a servi de base pour la création d’un algorithme qui a permis une économie de ressources informatiques substantielles.