Un jour, une idée

Le bédéiste Pierre Wazem refait vos murs

On connaît son trait vif et son esprit fin. Désormais, l’illustrateur genevois voit grand et habille les parois de vos maisons et appartements. Sa petite entreprise connaît un vrai engouement

Vous aimez son trait fin et ses personnages un peu dépassés qui, l’air de rien, disent beaucoup de nous? Alors vous souhaiterez peut-être avoir Pierre Wazem dans votre cuisine, votre salon ou votre chambre à coucher. Le célèbre dessinateur genevois, à qui l’on doit une des plus touchantes BD sur les rapports père-fils (Comme une rivière), a récemment élargi son activité au métier de peintre mural.

Des forêts et du saucisson

L’artiste se rend chez les particuliers, discute avec eux, repère les lieux et propose le croquis de la fresque qui figurera sur une de leurs parois. «J’aime particulièrement les forêts et les motifs végétaux. Ils ont l’avantage d’apaiser le regard et d’aérer la pensée», détaille-t-il. Mais l’illustrateur a aussi peint une série d’immeubles drôlement imbriqués, une rue commerçante et animée, un casse-croûte et du saucisson. Des univers à lui, sensibles et déliés, avec, chaque fois, une pointe de liberté. Il propose ses peintures en noir et blanc ou en couleur. «On me demande beaucoup d’anthracite, c’est à la mode, ces temps. Et là, je viens de trouver un gris avec du rouge dedans, très bien, ainsi qu’un orange pétant.»

La Patagonie, pas recommandée

Pierre Wazem a déjà réalisé une dizaine de travaux, dont la déco du lobby de l’hôtel Ibis à Carouge, et déplore une tendinite au poignet… gauche. «Je suis droitier, mais, au début, je ne tenais pas bien mon bidon de dispersion.» L’homme a cet humour décalé, discret, celui dont on ne sait jamais s’il fait rire ou pleurer. Mais encore? Que trouve-t-il dans cette activité qu’il ne trouve pas dans le dessin à plat? «Le geste en grand, c’est génial. J’aime aussi sortir du narratif, du côté pif-paf de mes BD, de penser autrement, plus tranquillement.»

Et ses clients, ils sont contents? «Oui, je pense que oui. Le bouche à oreille marche du tonnerre, il y a, de plus en plus, un vrai engouement.» A-t-il déjà dû refuser le fantasme visuel d’un de ses commanditaires? «Non, mais disons qu’une fois, des clients voulaient des mecs qui débarquent en Patagonie. J’avais de gros doutes, alors je leur ai dessiné le croquis et ils ont compris. Il ne faut jamais oublier que le dessin, tu le vois tous les jours. Ça calme de suite les gens quand on leur rappelle cet élément!»

La dispersion, c’est du béton

La fresque peut avoir tous les formats. A ce stade, le plus petit travail de Pierre Wazem faisait trois mètres sur deux, son plus grand, huit mètres sur trois. Le prix varie entre 4000 et 15 000 francs, selon la dimension, et les réalisations sont tenaces, assure l’artiste. La dispersion pour un nouvel horizon.


Peintures murales, Pierre Wazem, Genève, tél. 079 824 79 81.

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