Art

Bientôt un nouveau Musée Munch

Oslo construit et la culture en profite.

L’actuel Musée Munch a été ­inauguré pour le 100e anniversaire de la naissance de l’artiste, en 1963. Il s’est vite révélé insuffisant pour faire vivre son incroyable collection de 28 000 œuvres, dont un bon millier de peintures, quelque 18 000 gravures et 7700 dessins. La grande majorité a été léguée par l’artiste à la Ville d’Oslo, sa sœur Inger complétant la donation, en offrant notamment la bibliothèque de son frère. On reproche aussi au musée d’être un peu excentré et difficile à sécuriser, après deux vols retentissants.

Pourtant, il aura fallu la stimu­lation du 150e anniversaire pour que le nouveau bâtiment passe la rampe. Le cabinet espagnol Herreros Arquitectos a gagné le concours en 2009 mais son projet a divisé, pour des raisons tant esthétiques que politiques et financières. Il faut dire qu’il compte parmi les plus spectaculaires constructions nées de la stratégie urbaine adoptée en l’an 2000 et qui consiste notamment pour la Ville à reprendre possession des bords du fjord dont la séparaient les anciens docks.

Ainsi, depuis 2008 déjà, il n’est guère de visiteurs à Oslo qui n’aillent se promener sur le toit de l’opéra construit au bord de l’eau par le bureau norvégien Sno­hetta (connu pour la Bibliothèque d’Alexandrie et qui s’est également vu confier Lascaux 4 ). D’une magnifique horizontalité à peine chahutée, le bâtiment en marbre de Carrare devrait dialoguer avec la verticalité translucide du Musée Munch, juste perturbée par l’aspect penché de ses hauteurs.

En arrière-plan de ces géants culturels, c’est tout un quartier de bureaux qui est né en une poignée d’années dans cette zone de Bjorvika, toute proche de la gare. Et le Musée Munch et l’opéra formeront un triangle avec la nouvelle Bibliothèque Deichmann, la grande bibliothèque municipale d’Oslo, dessinée par les Norvégiens Lund et Hagem, qui devrait ouvrir dès 2016.

Ce printemps, ce n’est pas seulement le projet de Musée Munch qui a été réveillé grâce à un engagement de l’Etat norvégien. A quelques centaines de mètres du quartier de Bjorvika, sur les terrains de l’ancienne gare de l’Ouest, enserrant le Centre Nobel de la paix, le nouveau Musée national, signé du bureau Kleihues + Schuwerk (Berlin et Naples), abritera sous un même toit la Galerie nationale, le Musée des arts décoratifs et du design et le Musée d’art contemporain. Le parlement norvégien a approuvé la construction en juin.

Et en attendant que tout cela sorte de terre – les projets privés n’ayant pas besoin de réunir autant de consensus –, on peut visiter le nouvel Astrup Fearnley Museum, ouvert en septembre un peu plus loin au bord du fjord, dans un quartier également en plein ­essor. Dessiné par Renzo Piano, il abrite une collection privée d’art contemporain exceptionnelle.

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