Yaël Baszanger est la sixième descendante d’une lignée de joailliers spécialisés dans les perles fines. Elle est l’héritière d’un savoir-faire délicat, raffiné, qui s’était assoupi lors de la fermeture de la boutique en 2005, mais qui renaît de ses cendres grâce à une rencontre, celle avec la journaliste lifestyle Semaja Fulpius.

C’est que l’histoire de la maison Baszanger a une saveur romanesque, qui vaut la peine d’être racontée. Elle commence à Paris, à la fin du XVIIIe siècle. C’est dans leur atelier de la place Vendôme que les joailliers de la Couronne de France, Paul Bassange et Charles Boehmer, créent une parure d’apparat composée de 540 diamants, un bijou d’exception, atteignant un poids total de 1245 carats, d’une valeur inestimable: près de 100 millions de francs d’aujourd’hui. Bien contre leur gré, ils vont se retrouver impliqués dans le célèbre scandale dit du «Collier de la Reine», affaire qui défraya la chronique judiciaire, inspira le roman du même nom d’Alexandre Dumas et précipita la chute de la monarchie, entraînant la Révolution française dans son sillon.

Six générations plus tard, Yaël Baszanger, première femme joaillière de cette prestigieuse lignée qui n’a jamais cessé de créer des bijoux en série limitée, poursuit la saga familiale en revisitant et en modernisant des modèles d’époque, pour créer de nouvelles pièces intemporelles, d’un à dix exemplaires, toutes réalisées à la main dans des ateliers genevois de renom.

Au centre de ce travail, la perle. Celle de Tahiti, qui se reconnaît grâce à ses variations de gris étincelants, mais aussi celles d’Australie, de Birmanie et des Philippines, légèrement argentées, crème rosé ou avec des reflets dorés. Sans oublier la Perle du Japon, dite Akoya, plus classique avec ses nuances champagne, blanches ou argentées. Des perles qu’elle combine avec divers ors (blanc, rose ou jaune) et diamants pour créer dormeuses, sautoirs, bagues et colliers et une version plus moderne et épurée du «Collier de la Reine».


Baszanger 1771, en vente chez Numisart Bijoux, 18, pl. du Manoir, Cologny (GE), tél. 022 736 75 93, lu-ve 10-15h, www.baszanger.com