Il paraît que l’on peut être horlogère même en étant binoclarde. Mais dans les premières minutes de l’atelier où l’on vient s’initier au métier, rien ne semble moins sûr: si d’ordinaire on porte des lunettes, alors il faut accrocher la loupe d’horloger sur la monture de ces dernières, et comme la pince qui permet de le faire est un peu capricieuse, que les lunettes glissent à présent sur le nez, et qu’elles finissent forcément de travers, on se retrouve à ne rien voir de l’œil droit à cause de la loupe agrippée au verre, et rien non plus de l’œil gauche à cause des traces de doigts mises partout au moment de se battre avec la pince.

Mais passé cet écueil, rien n’entrave le plaisir sincère, et pour le moins inattendu, que l’on ressent à tenter, un après-midi durant, d’imiter le travail de l’horloger. Inattendu, parce qu’en réalité, on aborde cette «master class» en parfaite novice ou, disons, en béotienne disposée au progrès, à l’invitation du service de presse d’Audemars Piguet.