A deux pas de la gare Cornavin, dans le quartier des Grottes, un disquaire a récemment ouvert ses portes. Rap, soul funk, jazz, électronique et sorties helvétiques: le vinyle est roi dans cette arcade aux murs décorés avec un motif en feuilles de bananier agrémenté de caricatures de musiciens. «J’ai décidé d’offrir un choix assez large, précise Karl Mayala, mais le cœur de mon projet reste la rumba congolaise.»

Né en France de parents congolais, ce DJ et collectionneur raconte avoir baigné dans cette musique dès son enfance. «Lors de mon premier voyage au Congo, il y a une dizaine d’années, je suis parti dans la ville natale de mes parents, à Brazzaville. J’ai commencé par rechercher un morceau que je voulais offrir à mon père, la chanson Loposo-Losila de Sam Mangwana, et je suis revenu avec presque 1000 disques.»

Aujourd’hui, à 38 ans, Karl est profondément investi dans la défense de la rumba congolaise qu’il promeut activement à travers ses dj sets, des podcasts et des rééditions sous son label, No Forms Productions, mais surtout en numérisant sa collection afin d’établir une médiathèque accessible à tous.

«J’étais attristé de voir que certaines personnes pillaient ces pépites musicales africaines pour les revendre à des prix exorbitants sur des plateformes comme Discogs, simplement motivés par la spéculation. Certains vendeurs m’ont d’ailleurs reproché d’avoir publié des compilations sur YouTube car, selon eux, en mettant à disposition ces morceaux, je faisais baisser la cote d’un disque.» Dans le petit salon à l’arrière du magasin, on peut donc écouter ces raretés que Karl continue de numériser alors qu’au sous-sol un petit studio est disponible pour des enregistrements ou des cours de musique.

Mais par où commencer son alphabétisation en matière de rumba congolaise? Notre digger nous présente ce qu’il appelle la Sainte-Trinité, à savoir «Franco Luambo, fondateur du Tout Puissant Orchestre de Kinshasa, Tabu Ley Rochereau, appelé l’homme à la voix de velours, et finalement, Verckys, un saxophoniste grandiose, sorte de Quincy Jones congolais, qui a aussi produit un grand nombre d’autres musiciens».


Brazzaville Records, rue de la Faucille 9, Genève, tél. 022 55949 50, ma 12h30-19h, me 13h30-19h, je 13-19h, ve 11-19h, sa 11-18h. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».