Certains rituels ne meurent jamais. Malgré la pandémie, malgré la menace d’un troisième confinement français, la Semaine de la haute couture parisienne (printemps-été 2021) s’est achevée hier après quatre jours de défilés 100% digitaux. Des vidéos en 2D pour traduire l’expression la plus noble des métiers d’art de la mode? A priori, l’exercice laisse perplexe: saisir le raffinement de robes ayant demandé des centaines d’heures de travail manuel implique un regard intime et très rapproché. Pas de quoi entamer la détermination de Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode, à Paris: «La haute couture est un terrain d’une richesse inégalée, sa translation sur écran participe pleinement de la dynamique enclenchée d’une créativité augmentée. Au-delà de l’intérêt esthétique, la diffusion des vidéos est un facteur de résonance très conséquent pour les marques et un vecteur de notoriété incomparable et incontournable. Par ailleurs, tout comme sa clientèle se renouvelle, tout comme les créateurs la renouvellent, la couture adopte naturellement des codes contemporains.»

Lire aussi: La haute couture à la conquête du monde