Médias

Canal +, la chaîne à abattre

En rachetant Canal, Vincent Bolloré avait promis de faire renaître la chaîne cryptée menacée par l’éclatement de l’audience. Difficile d’y croire, au vu de la rentrée télévisuelle 2016

Maïtena Biraben doit ces jours-ci se souvenir des paroles prononcées en sa présence, il y a tout juste un an, par Vincent Bolloré. Lorsqu’il intronise, à la fin d’août 2015, l’ancienne présentatrice de la TSR comme patronne incontestée du Grand Journal, l’heure est à la reconquête. L’entrepreneur breton – qui a pris le contrôle de la chaîne en juin 2014 via Vivendi – fait déjà d’elle «le visage» de la nouvelle génération Canal.

Yann Barthès et son Petit Journal surfent alors sur le succès de leur formule mi-journalistique, mi-déjantée. Cyril Hanouna et Touche pas à mon poste! font trembler le «tsar» Ruquier d’On n’est pas couché. Un accord est en vue avec la chaîne qatarie Be1 pour la retransmission de sports à haute dose. Bolloré croit à sa baraka télévisuelle.

Seul reste Cyril Hanouna

Ambiance radicalement différente ce lundi, lorsque Victor Robert présentera le nouveau Grand Journal et l’unique heure en clair quotidienne de la chaîne. Aux sirènes de la reconquête de 2015 ont succédé les chants funèbres. Les Guignols de l’info? Remisés en cryptés depuis près d’un an et quasi oubliés, à la grande satisfaction de Vincent Bolloré. L’effronté Yann Barthès? Parti sur TF1 et TMC, où il entamera à partir du 12 septembre un marathon journalier, de 19h10 à 20h30 sur la chaîne de la TNT, avec reprise à 20h40 sur la «Une», juste après le JT. Plus un rendez-vous hebdomadaire de fin de soirée, genre night show à l’américaine.

Reste donc, chez Canal, l’ultime aspirateur à audience, sur l’ex-D8 rebaptisée C8: Cyril Hanouna, qui, pour sa rentrée ce lundi, a paraît-il prévu de mettre une camisole de force à ses chroniqueurs comme s’ils étaient dans un asile. Avec au passage deux nouvelles recrues prêtes à se faire martyriser en direct par l’animateur potache: Cauet et Benjamin Castaldi.

Période de compétition

Canal +, chaîne à abattre? C’est en gros le scénario de cette rentrée déjà consommée par Laurent Ruquier, dont la nouvelle formule d’On n’est pas couché, sur France 2, a été inaugurée samedi 27 août avec la blonde Vanessa Burggraf en remplacement de Léa Salamé. Avec, en embuscade, l’offensive programmée du groupe TF1. Outre Barthès – dont le show hebdomadaire pourrait devenir le concurrent direct d’ONPC –, la chaîne du groupe Bouygues entend surfer à fond sur l’effervescence présidentielle jusqu’en mai 2017.

Résultat: un coup d’accélérateur donné à LCI, la plus ancienne mais la moins regardée des chaînes d’info continues, avec l’arrivée d’Yves Calvi. Objectif: déstabiliser BFM TV et surtout guigner la seconde place en audience d’iTélé (groupe Canal), où l’arrivée annoncée de Jean-Marc Morandini a alimenté le feuilleton trash de l’été, après les accusations de harcèlement sexuel portées contre ce dernier par des participants à des castings quasi pornos. L’animateur spécialiste des médias, qui devait reprendre la tranche 18h-20h, est pour l’heure au purgatoire en attendant de connaître son sort judiciaire.

Au milieu de la tempête, Michel Drucker

Pugilat entre animateurs à gros potentiel d’audience (Ruquier, Hanouna, Barthès). Guerre de tranchées entre chaînes d’info, bousculées par l’arrivée de leur nouvelle concurrente du service public entrée en service le 1er septembre. Un seul semble surnager dans cette mer audiovisuelle française agitée: Michel Drucker. A 73 ans, et après l’abandon de Vivement dimanche, l’animateur disposera sur France 2 d’une nouvelle case plus culturelle: Vivement dimanche prochain, et d’une autre consacrée aux médias: Vivement la télé.

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