Indéniablement, c’est une mode. Depuis quelque temps déjà, les codes des montres d’hier font le succès des modèles d’aujourd’hui. Nous avons déjà raconté dans ces pages l’histoire de TAG Heuer qui faisait voter ses clients sur la référence à rééditer, c’est aujourd’hui au tour de la Manero Flyback de Carl F. Bucherer de passer sous les projecteurs.

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Ici, l’exercice est un brin différent – puisqu’il ne s’agit pas d’une réédition – mais le renvoi au style «rétro» reste l’argument majeur. Aiguilles fines, cadran noir, bracelet en cuir, boîtier en acier, petites touches de rouge vif ici et là… Cette variante «souligne parfaitement le style rétro de la famille Manero Flyback», affirme avec aplomb le communiqué accompagnant cette montre. On ne peut pas lui donner tort.

Aiguilles effilées

Un détail rafraîchira néanmoins les adeptes du registre «vintage»: le diamètre de la pièce. Ses 43 mm tranchent avec la taille des montres plus classiques, qui ne franchissent généralement pas la barre des 40 mm, affirment les puristes. (Un détail, ce d’autant qu’on ne s’en rend guère compte à l’heure de mettre la montre au poignet.) Le fond ouvert permet de constater que le mouvement – le CFB1970, en fait un Valjoux 7750 transformé par La Joux-Perret – a été soigneusement décoré.

Si, parfois, les designers horlogers s’égarent dans leurs convocations du passé, cette fois, on doit admettre que l’exercice est plutôt réussi. Le cadran noir, chic, mais surtout les aiguilles en triangle allongées en pointe – la marque évoque des aiguilles «dauphines» – font leur petit effet. Un peu comme si, en étant si effilées, elles se révélaient encore plus précises. On reste en revanche plus circonspect sur le bracelet (en «cuir de koudou d’un brun doré») qui, lorsqu’on a porté la montre quelques jours, a suscité même davantage de remarques que sur la pièce en elle-même.

Manero – l’une des cinq collections de la marque lucernoise – nous rappelle enfin qu’un chronographe n’est pas forcément une lourde pièce que l’on trimballe sur des circuits automobiles (ou sous les océans). Bien réalisée, cette complication peut également se retrouver dans une montre habillée, chic, que l’on peut porter avec un costume.

Cap sur l’Amérique

Pas de doute: à 5900 francs, cette référence représente un argument solide. Un de plus pour Carl F. Bucherer qui traverse depuis quelques années une rapide expansion. Elle a écoulé 6400 pièces en 2009; dix ans plus tard, elle a dépassé les 30 000. En 2016, elle s’est offert sa propre manufacture. Et, dès les prochains mois, elle devrait croître sensiblement sur le marché américain – le deuxième plus important après Hongkong, faut-il le rappeler.

Carl F. Bucherer peut compter sur un soutien de poids: sa famille. Elle appartient en effet au groupe lucernois Bucherer, l’un des plus gros détaillants multimarques du marché (et partenaire incontournable de Rolex). Il faut dire que, ces dernières années, la petite PME lucernoise toujours en mains de la famille Bucherer s’est faite multinationale en multipliant les acquisitions. En dix ans, l’entreprise a doublé de taille.

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Dernière annonce en date: le rachat, ce début d’année, de son concurrent américain Tourneau et de ses 28 points de vente aux Etats-Unis. «Ce sera une belle opportunité d’établir fermement la marque Carl F. Bucherer aux Etats-Unis», se félicitait alors le directeur général du groupe dans un communiqué. En misant sur des valeurs comme cette récente Manero Flyback, cela ne devrait pas poser trop de problèmes.


Spécificités

Marque: Carl F. Bucherer

Collection: Manero

Nom complet: Carl F. Bucherer Manero Flyback

Référence: 00.10919.08.33.02

Diamètre: 43 mm

Boîtier: Acier (fond ouvert)

Calibre: CFB 1970 (chronographe)

Réserve de marche: 42 heures

Etanchéité: 30 mètres

Prix: 5900 francs