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Carla Bruni / Le Sphinx

Et si les people qui nous font rire ou les créateurs qui nous inspirent n’étaient que des avatars? C’est ce genre de question que pose cette chronique. Au rayon «pop culture», rien ne se crée, tout se réchauffe

Normalement, son nez aurait dû rallonger, tel le nez de Pinocchio. Avec toutes les menteries et les mensongetés qu’elle a dites à propos de la chirurgie esthétique – comme quoi elle n’y toucherait pas; comme quoi cela ne servait à rien de se faire lifter ou de recourir au botox… Mais breaking news, miracle, Jésus-Marie-Joseph! Le nez de Carla Bruni a encore rétréci, une main l’a encore raboté, il est encore plus tout rikiki-de-bébé. Ce n’est plus un ex-top-modèle que l’on a vu ressusciter, le mois dernier, au défilé Dolce & Gabbana. Ce n’est plus un visage béni des dieux qui pose en une de l’édition d’octobre de Vogue Italie. C’est le sphinx de Gizeh dont le nez serait lui aussi retourné en poussière. C’est Cléopâtre à l’envers. D’ailleurs, le nez de Carla Bruni, s’il eût été plus long, toute la face de la France sarkozyste aurait peut-être changé, comme dirait Pascal – pas Obispo, mais l’autre, Blaise Pascal, et si vous ne voyez pas de qui je parle, demandez donc à Google…

(Parenthèse: loin de moi l’idée de critiquer la chirurgie plastique. Au contraire! Si les femmes y ont tant recours, n’est-ce pas à cause de la prégnance du regard des hommes, de la peur qu’éprouvent les mâles quand ils se mirent dans le beau visage vieillissant d’une femme? Mais je m’égare, refermons cette parenthèse, et revenons à no brebis baratineuse: Carla Bruni.)

Quel dommage, quand même, que le visage escamoté de Carla-Ötzi vienne masquer l’excellente compositrice et la très jolie chanteuse qu’elle est. Et quelle naïveté de nouveau-nez (pardon, pardon, que je sois maudit pour ce jeu de mot enfariné!) de penser qu’il suffit de dire quelque chose très fort pour que tout le monde le croie. Alors que la vérité se voit comme le… (pardon, promis, je ne recommencerai plus!).

Faire son intéressante, adresser des œillades sucrées au public et aux photographes des défilés, l’air de dire: je vaux mieux que ce que je fais, voyez comme je ne suis pas dupe, ce n’est qu’un jeu, je suis plus maligne que les autres… C’était déjà sa tactique à ses débuts de mannequin, en 1997, à cette Carla Bruni Tedeschi, née à Turin en 1967, dans une famille de riches industriels émigrée en France à l’époque où les Brigades rouges enlevaient les héritières fortunées, elle dont la famille compte un père compositeur renommé, une mère pianiste et une fille bouleversante comédienne. Donc, dans le catalogue des figures people qui nous servent de modèles ou de contre-exemples, Carla Bruni incarne celle qui profite du système tout en essayant d’avoir l’air plus malin. C’est bien simple, Carla Bruni, de ses débuts de mannequin à aujourd’hui, elle nous rappelle ces camarades de collège qui bûchaient toute la nuit, qui prétendaient ne pas avoir ouvert leurs livres, qui avaient 6 partout, et qui juraient s’en ficher éperdument.

Sigmund, cet amateur de rapprochements faciles, n’hésiterait pas à dire que c’est la faute à papa. Comme si Carla, qui découvrit sur le tard que son père biologique n’était pas celui dont elle porte le nom, avait dû en faire des caisses pour se sentir acceptée et réussir à tout prix, tout en prétendant que cela lui était bien égal.

Reste un mystère dans la vie de celle qui collectionna les amants et les amours romanesques – Mick Jagger, Eric Clapton, Louis Bertignac, Vincent Perez, Charles Berling, les Enthoven (elle sortit avec le père, avant de vivre avec le fils qu’elle piqua à Justine Lévy, la fille de BHL), et peut-être Donald Trump… Ce mystère, le voici: Nicolas Sarkozy, comment, pourquoi? Vraiment?

Et si, pour une fois, cette sans-nez dans une France sans dents, avait trouvé plus fort qu’elle, une attirance qui vous oblige à jouer sans masque? Et si, pour une fois, Carla ne nous menait ni en bateau ni par le bout du… (pardon, ça m’a échappé, j’ai trop honte, je file me cacher…).


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