En guise de bande-annonce, l’image d’une empreinte sur sol lunaire, façon ichnofossile. Un carré encastré dans un rectangle, le tout surmonté d’un petit rond et d’une forme octogonale oblongue. Pas de logo, pas de nom. Enigmatique? A peine. A moins d’avoir passé plusieurs décennies dans une grotte, on reconnaîtra facilement les lignes du flacon de Chanel No 5, le parfum le plus célèbre au monde. Quel autre jus peut se targuer d’avoir séduit Marilyn Monroe, de faire partie de la collection permanente du Musée d’art moderne de New York et d’avoir inspiré une sérigraphie à Andy Warhol? Cette année, le No 5 fête ses 100 ans. Un événement de la plus haute importance pour la maison au double C, qui n’a pas lésiné sur les moyens. Un film publicitaire met en scène la nouvelle égérie, l’actrice française Marion Cotillard, virevoltant sur une lune couleur or en compagnie du danseur étoile Jérémie Bélingard, tandis qu’une collection de haute joaillerie rend hommage au No 5. D’autres festivités, encore tenues secrètes, suivront. Parfum de luxe habité de mystère.

Dès les débuts, la clientèle a suivi. Et malgré la vague de jeunisme qui submerge actuellement la parfumerie, le No 5 est la seule fragrance centenaire à demeurer dans le peloton de tête des ventes au niveau mondial. Dans les parfumeries globalisées, les grands classiques ont disparu, à moins qu’ils ne prennent la poussière au bas des étagères. Le fleuron de Chanel, lui, truste le devant de la scène avec ses nombreuses déclinaisons, savon, gel douche, crème pour les mains et autres émulsions pour le corps.