«D’emblée, je me suis inspirée de la Suisse carte postale, pays des retraites dorées, du secret bancaire et de l’évasion fiscale. Mais je voulais traiter ces enjeux financiers de manière élégante, en transformant le coucou en vecteur d’économie d’argent», raconte l’étudiante alumnus qui s’est risquée à se lancer dans un travail d’artisanat bien éloigné de son cursus. Ce coucou stylé, en noyer, se lit d’emblée comme un objet épuré, lisse, en phase avec les codes ­contemporains du design. Mais la beauté n’est pas son seul attrait, le scénario de l’objet prévoit que son fonctionnement soit payant. Le coucou est relié à un compte épargne basé en Suisse. «Le propriétaire de l’objet insère sa carte bancaire dans l’emplacement prévu. Avec une somme fixe, allant de 100 francs à 100 000 francs, débitée chaque mois pour faire chanter le coucou, un jeu de dépendance s’installe entre l’utilisateur et l’objet. La somme épargnée sur plusieurs décennies peut financer une partie de la retraite», assure l’étudiante. Plusieurs éléments du design évoquent le ­coffre-fort, avec un premier cadran, qui indique l’heure, entouré d’une bague qu’il faut actionner pour rentrer un code personnel et ouvrir les volets du coucou. C’est là qu’un second cadran indique le solde approximatif du compte en suisse. Les pièces en laiton doré donnent un aspect luxueux à l’objet. Mais pas bling bling. Enigmatique à l’extérieur. Précis et complexe à l’intérieur.