Rhabillé(e) pour l’été (5/7)

Les chaussettes blanches, palme du péril vestimentaire

Chaque jeudi de l’été, notre chroniqueuse revisite les heurs et malheurs de la mode de saison

La mode aime braver les interdits. Quoi de plus subversif que de nager dans les eaux troubles du (bon) goût? Quoi de plus cool que de flirter avec le risque? Cet été, la palme du péril vestimentaire va sans conteste à la chaussette blanche. Longtemps honni par les élégances du monde, comble de la beaufitude, cet accessoire se fait à nouveau une place au soleil du style. Les «fashouilleux» et les clubbers raffolent du combo chaussettes blanches claquettes de piscine, tandis que les artistes branchés préfèrent le triptyque bermuda, white socks, baskets de skate. Street, mais smart.

Le genre de look qui inonde les défilés masculins comme Dries Van Noten ou Gucci. Les jeunes labels Ami et Etudes ont même eu l’outrecuidance de réhabiliter le duo mocassins noirs-chaussettes blanches. Remontées jusqu’en haut, les chaussettes. Pas de faux plis à la Michael Jackson, please. Et les filles dans tout ça? Pour sa collection croisière 2018, Valentino ose juxtaposer sandale à talon et chaussette de sport. Très italo-trash.

Un temps, le comble du chic

Avec tout ce tapage néogrunge, on oublierait presque que la chaussette blanche fut un temps le comble du chic. Dans les années 1950, Paul Newman, Elvis Presley ou John Fitzgerald Kennedy sont parvenus à donner de l’allure à ces socquettes vendues un dollar au supermarché du coin. Loin d’être vulgaire ou ringarde, la chaussette en épais coton blanc symbolise alors une certaine idée de l’authenticité. Une façon de regarder la vie avec courage et sérénité.

Cela dit, si vous optez pour le total look Paul Newman, un conseil: assurez-vous que vos chaussures et votre pantalon ont au maximum deux tons de différence par rapport à vos chaussettes. Mais vous savez ce que valent les règles…


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