L'écrivain

Chez Peter May, Ecossais de France

L’auteur de polars à succès vit depuis vingt ans dans une grande maison du Lot, une région qu’il affectionne et qui l’inspire

Un petit banc en bois et en fonte, très ordinaire en apparence, a parfois le pouvoir de changer une vie. Un après-midi de l’été 2004, assis dans le jardin de sa maison du Quercy, Peter May a laissé son esprit vagabonder, s’accrocher à une image et dérouler la pelote d’une imagination fertile. L’intrigue de L’Ile des chasseurs d’oiseaux, premier roman de sa trilogie écossaise (L’Homme de Lewis, Le Braconnier du lac perdu) était née. D’abord publiée en France, puis traduite en 30 langues et vendue à plus de trois millions d’exemplaires de par le monde, l’œuvre a apporté un succès planétaire à l’écrivain jusque-là confiné à un public restreint mais fidèle.

Le plus français des romanciers écossais habite le Lot depuis vingt ans. Il venait déjà y camper avec ses parents. Lorsque sa femme Janice Hally et lui ont déménagé de Puymule à Bétaille il y a trois ans – «on cherchait plus petit, mais on a eu un coup de foudre pour cette maison immense» –, ils ont pris sous le bras le petit banc inspirant. Assis au fond du jardin, adossé aux roseaux, il offre une vue sur la demeure mansardée en pierres blondes, le jardin d’un vert étincelant grâce à la pluie tombée les jours précédents, la piscine et la tonnelle sous laquelle Peter May aime lire. A droite, un verger de noyers a donné le nom à sa villa. A gauche, une copie conforme de sa maison à échelle réduite qu’il vient d’acheter pour sa fille, Carol Burns, artiste peintre vivant à Londres.