Attendez avant de ranger votre veste en jean. Vous serez tentés de le transformer pour l’été prochain en l’égayant avec des nouveaux motifs personnalisés. Parmi les plus récurrents utilisés par Kirsten Kuipers figurent tout d’abord les fleurs et le tigre. «Mon activité a démarré par du bouche à oreille, nous explique la créatrice d’origine hollandaise. Comme mes premières créations exhibaient l’effigie de ce majestueux félin rayé, tout naturellement des commandes similaires ont suivi. En réalité, les possibilités sont beaucoup plus larges.»

Le projet, démarré presque par hasard en 2016, a évolué principalement avec la peinture sur baskets et denim, mais pour Kirsten Kuipers, ce n’est qu’un premier chapitre. Donner une deuxième vie à des pièces de notre garde-robe peut prendre des formes aussi variées que les personnalités des commanditaires. Le rêve de la créatrice serait de pouvoir organiser des ateliers afin que les gens puissent se familiariser avec le monde de la customisation. 

Recycler le denim, une évidence

Pour elle, choisir le jean comme support a été une évidence. Pour son travail de fin d’études à l’institut de mode d’Amsterdam, elle réinterprète le jean en version baroque, en le revisitant sous la forme d’une robe et d’un costume. Elle commence ensuite son parcours professionnel au sein de marques spécialisées telles que Blue Blood Brand puis la fameuse griffe californienne 7 for All Mankind, qui l'emmène en Suisse en 2013. 

«Pendant ma carrière, j’ai visité pas mal d’usines, notamment en Chine et en Turquie, où j’ai pu prendre conscience de mes propres yeux de la pollution et de la consommation d’eau liées à la fabrication du denim. Le déclic décisif m’est venu un jour en faisant du surf en Indonésie: des bouteilles de PET ou des tongs m’arrivaient dessus. C’était comme si l’océan nous jetait le plastique au visage pour nous dire de le reprendre.»

Si ses réalisations sont déjà en vente à la boutique lausannoise Les Gens, qui propose des créations 100% locales, allant de la céramique à la maroquinerie, Kirsten réfléchit aussi à un futur projet de location de mode. «L’idée de devoir posséder est un leurre. Je viens de devenir maman et j'ai découvert une marque qui loue des habits pour bébé par tranche d’âge. Cela me parait une voie qu’on doit explorer davantage.»


Troubelle, à admirer aussi sur Instagram. Créations en vente chez Les Gens, rue du Valentin 28 à Lausanne. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».