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accessoires

Clare V., des sacs nommés désir

Fabriqués artisanalement à Los Angeles, les sacs de la créatrice américaine séduisent le monde entier. De nombreux créateurs s’associent à elle pour produire des éditions limitées, et de grandes marques lui demandent des collaborations, comme Apple ou & Other Stories. Un succès indissociable de sa personnalité

Vanity Fair, New York Times, Vogue, CN Traveler, on ne peut plus ouvrir un magazine américain sans y trouver une photo de Clare Vivier ou de l’un de ses sacs. Ou plutôt produits. Car la créatrice américaine qui a commencé en cousant des pochettes en cuir vite devenues célèbres a désormais élargi sa gamme à toute une série d’accessoires pour hommes: backgammons de voyage, porte-cartes, t-shirts, sweat-shirts et même, très récemment, des sandales. «Toujours très colorés et assez simples, c’est notre marque de fabrique!» précise la créatrice. Elle ne cesse d’innover, d’introduire de nouveaux modèles et multiplie les collaborations. De Mike D., le chanteur des Beastie Boys, à Donald Robertson, un artiste new-yorkais qui a personnalisé une soixantaine de pièces pour Bergdorf Goodman, aux grandes marques comme Apple, & Other Stories, en passant par des pièces uniques au profit d’œuvres de charité. Des pochettes et cabas tout simples du début, Clare Vivier a évolué vers des sacs plus sophistiqués, et la petite marque née en 2007 affiche aujourd’hui plus de 200 modèles, dont 40 de pochettes, son produit phare.

En quelques années, la créatrice américaine a su s’imposer partout, avec quatre magasins aux Etats-Unis et plus de 300 points de vente dans le monde entier. Les filles branchées s’arrachent ces accessoires qui exsudent tous un cool californien mâtiné d’une touche française un peu naïve dont raffolent Américaines et Asiatiques. Bandes bleu-blanc-rouge, inscriptions de mots français, branding au charme rétro-parisien, tout cela n’est pas artificiel: Clare Vivier joue de sa double identité d’Américaine mariée à un Français et puise son inspiration dans ce style de vie qu’elle aime tant. «C’est vraiment moi, dit-elle dans un français parfait, j’ai toujours adoré la France, je suis partie vivre à Paris quand j’étais une jeune journaliste et j’y ai rencontré mon mari.»

Le couple s’est installé à ­San Francisco en 1995, et c’est là-bas, quelques années plus tard, qu’elle a songé à lancer une marque de sacs pour working women, chic et pratique. Elle a déniché une petite fabrique familiale à Los Angeles, «des gens extraordinaires qui m’ont beaucoup aidée, je faisais les dessins, ils m’apprenaient à façonner le cuir.» Grâce à eux, elle se lance en 2007 après avoir emménagé dans la cité des Anges.

Elle commence alors à commercialiser ses premiers modèles sur son site web, des pochettes toutes simples et son sac La Tropézienne, toujours best-sellers, et décroche un premier point de vente dans un magasin en 2008. «J’ai engagé ma première collaboratrice en 2010, ouvert un studio en 2011 et très vite, nous étions vendus dans 50 magasins. On dirait que le succès est arrivé très vite, mais en réalité ça faisait des années que je portais ce projet», souligne-t-elle.

Le créateur Steven Alan la repère et investit dans sa marque, emmenant dans la foulée d’autres investisseurs qui lui permettent d’ouvrir son premier magasin à Los Angeles. Aujourd’hui, elle possède toujours 60% du capital de sa société et prend les décisions business avec ses partenaires. «Je suis une créatrice à l’origine et j’avais besoin d’être épaulée pour les grandes étapes», dit-elle. Etapes qui se sont succédé: une boutique à New York et deux autres à Los Angeles, dont le flagship de West Hollywood, si représentatif de l’esprit Clare V. Ses sacs sont vendus dans des magasins en Angleterre, en France, en Suisse et même sur Net-A-Porter. A Paris, c’est au Bon Marché et chez Merci que l’on trouve les jolies pochettes, et en Suisse, chez Baies d’Erelle à Lausanne, ainsi que Courti-Les Objets et No 2 à Zurich.

La marque emploie aujourd’hui 45 personnes dont 25 dans le studio. «Je suis toujours très impliquée dans la création, mais j’ai maintenant trois autres personnes dans mon équipe créative. Nous évoluons en créant de nouveaux modèles mais aussi en «twistant» nos classiques, une nouvelle ­combinaison de couleurs, un nouvel imprimé. Ce qui crée le «Jelly Bean effect»: on adore un modèle que l’on veut dans toutes les déclinaisons possibles», s’amuse-t-elle. La marque travaille maintenant avec cinq fabriques, toujours locales, un point essentiel pour la créatrice. «C’est un choix conscient qui a des répercussions sur le prix, mais nous réussissons à rester accessibles grâce à un design sans fioritures. J’adore le luxe, mais j’ai voulu dès le début créer une marque que je pourrais moi-même m’offrir, que mes amis pourraient acheter.» Le studio emploie aujourd’hui trois personnes qui se chargent du suivi de production auprès des artisans, c’est dire l’importance de cette proximité dans la fabrication.

Autre source d’inspiration constante pour la créatrice, son père, décédé l’an dernier. «Il était toujours tellement chic, dit-elle. C’est lui qui m’a donné le goût des belles choses, avec ses costumes à la coupe impeccable, ses nœuds papillons et son élégance intemporelle.» On aperçoit parfois quelques photos de lui sur le compte Instagram de Clare, empreint de la même joliesse que ses créations. Elle y dévoile tout, de son fils Oscar à son chien Paco, en passant par sa maison, ses chambres d’hôtel ou ses copines blogueuses et actrices. On dirait finalement que sa marque n’est qu’une extension de sa personnalité et de sa vie, c’est ainsi qu’elle l’a construite. «Je devais me faire connaître alors j’ai commencé un blog en 2006. La vie des autres nous intéresse toujours, non? Je me suis dit que la mienne plairait, une jeune maman à Los Angeles, mariée à un Français, qui crée des sacs. J’y racontais ce que je vivais, montrais mes goûts, mes inspirations, ça a vite pris!» Elle l’écrit toujours, dans le même esprit que son Instagram. Pas de secret mais pas d’impudeur, elle est toujours entre deux et c’est pour ça qu’on l’adore: comme ses sacs, elle donne envie et reste accessible. Une success woman sûre d’elle mais sans prétention, malgré les reconnaissances multiples. Elle sourit lorsqu’on évoque Beyoncé: «Tout le monde dans le studio sautait de joie, moi y compris, lorsqu’elle a posté sur Instagram cette photo d’elle posant avec l’une de mes pochettes customisée par Drawbertson!» Très bientôt, on ne pourra sans doute plus ouvrir un magazine européen sans tomber sur Clare Vivier.

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