«Elle avait des bagues à chaque doigt…» Bon, pas exactement à chaque doigt, dans le cas de Gaëlle Brunner. Mais des bagues, elle en avait et elle en a, beaucoup. Des tas de bracelets, aussi. Surtout depuis qu’elle s’est lancée dans la bijouterie, il y a sept ans.

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«Les bijoux, pour moi, ont toujours eu une valeur symbolique, sentimentale. Souvenirs de vacances, cadeaux d’êtres chers… J’ai voulu créer des pièces uniques à un prix abordable», dit la créatrice. Une affection se lit dans ses yeux, d’un noir luisant comme les pierres de spinelle serties dans certaines de ses œuvres. Cette passion a fait miroiter devant elle un rêve, l’a guidée pendant deux ans passés à apprendre sur le tas et à parcourir des marchés artisanaux à côté des boulots alimentaires.

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Un jour, le rêve est devenu une réalité miroitante en forme de bijoux dans sa première boutique, à Peseux, près de sa Neuchâtel natale. Elle a baptisé la marque Colayco – le nom de jeune fille de sa mère, originaire des Philippines. «Ma clientèle des marchés m’a donné confiance», sourit Gaëlle Brunner. La voix trahit l’émotion: il n’est pas évident d’ouvrir son affaire alors qu’on a appris en autodidacte. «Finalement, j’ai réalisé que l’absence de formation donnait une touche particulière à mes créations, libre cours à mes idées, et c’est ce qui plaît aux gens.»

A l’écoute de la matière

Son empreinte est sobre, un univers de formes végétales et géométriques. Feuilles d’argent, entrelacs de cercles, demi-lunes, ornés de pierres ou de motifs ciselés, sa technique préférée. La transformation de la matière la fascine. D’habitude, elle travaille sans esquisses, se fie au ressenti. Sur son établi, «un chaos» qui effraie encore son père ingénieur. «L’inspiration vient de petits bouts, des pièces qui attendent leur tour. J’ai besoin de mon chaos pour qu’il en ressorte quelque chose d’original.» C’est évidemment différent quand elle développe des projets sur mesure, à l’écoute des clients.

Et les bagues à ses doigts, alors? Le sourire caché par le masque illumine les yeux. «Celle-là, c’est Oscar, créée pour Halloween [une bague à la tête de mort bien sympathique, ndlr]. Celle-ci, une victoire technique personnelle. Là, un prototype raté. Elles me rappellent les erreurs qui m’ont aidée à apprendre, les réussites qui m’ont permis de prendre confiance en moi. Je les aime toutes.»


Colayco, boutiques à Peseux et à Lausanne ouvertes du mardi au samedi. Atelier à Champion ouvert sur rendez-vous, Tel. 078 868 74 23, info@colayco.ch. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».