La valeur d’un amour, donc d’un couple, ne doit pas forcément être considérée en fonction de sa durée, mais plutôt de son authenticité. Notre société est entrée dans une phase nouvelle, où certains vivent des amours éphémères, d’autres des amours longue durée, mais pas forcément dans le cadre du mariage. Ces couples ne sont pas tous formés d’un homme et d’une femme. Les adeptes du «polyamour» deviennent plus nombreux et surtout moins clandestins, tandis que, sans en faire une «vertu», certains vivent, pour un temps ou durablement, en «asexuels»…

Trouver l'être cherché

Quand nous tombons amoureux, nous avons l’impression, durable ou non, justifiée ou non, d’avoir enfin trouvé l’être que nous cherchions consciemment ou inconsciemment: c’est elle, et pas une autre, c’est lui, et pas un autre. Quand l’amour envahit notre cœur, il le comble de manière ineffable, balayant tous nos autres attachements, érotiques ou sentimentaux, telle la perle de grand prix, dans l’Evangile, pour laquelle on n’hésite pas à donner tout ce qu’on possédait. Le problème, en amour, c’est que la perle n’est pas toujours vraie. L’état amoureux, ce merveilleux stimulant des créateurs, rend beaucoup d’êtres non seulement aveugles, mais stupides. Heureusement, dans bien des cas, l’être aimé mérite notre amour. Alors l’état amoureux a des chances de se muer au fil du temps en une tendre complicité qui chez certains sera durable.

Des crises, souvent

Dans le cadre du mariage ou hors mariage, la vie du couple a toujours été faite de phases et souvent de crises. L’espérance de vie s’étant considérablement accrue, c’est encore plus vrai de nos jours. L’Union des retraités de l’Etat de Vaud rappelle que, de 15% en 1970, le taux de divorces a passé à 40% actuellement; elle consacre un article de son bulletin de mars 2018 à l’impact du divorce sur les rentes du 2e pilier. Selon une récente étude de l’Université de Berne, plus le couple dure, plus les partenaires s’ennuient: au-delà de 65 ans, c’est dans plus de deux tiers des cas l’épouse qui demande le divorce.

Ajoutons ceci: pour bien des jeunes, fonder une famille apparaît comme un non-sens, en un temps où la survie même de l’humanité n’est plus assurée. C’est une des raisons qui incitent bien des couples à adopter un ou plusieurs des innombrables orphelins du tiers-monde, plutôt que de procréer.


A lire: Christophe Baroni: «La vie du couple» (2014). Voir le site de l'auteur.


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