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haute couture

La couture entre les lignes...

Lors des fashion weeks, il y a les défilés du calendrier officiel, et il y a les défilés off. Revue de quatre d’entre eux

Chez Julien Fournié, on actualise le futur dans sa version bande dessinée des années 60. En guise d’exhausteur de goût, le noir qui fait pétiller les couleurs acidulées qu’il revisite. Les silhouettes mettent l’emphase sur les hanches et le décolleté, la féminité de ces conquérantes de l’espace est exacerbée mais contrôlée. Symbole de l’habillement moderne par excellence, le zip perd sa fonction première pour devenir dentelle métallique. La peau retrouve son alter-ego dans une silhouette en silicone médical. Le dernier passage se finit en silence; dans l’espace, aucun son ne filtre.

Si Basil Soda n’avait choisi le tissu pour laisser libre court à sa créativité, on eût pu le trouver artiste topiaire. Les mille nuances d’une forêt aux portes de l’hiver se retrouvent dans cette collection. Une Eve qui aurait connu le premier hiver n’aurait pas été habillée autrement que dans ces tons vert mousse, orange flamboyant, avant de se parer de givre ou de briller noir comme le bois mouillé. Sa nudité s’habille de broderies organiques, ordonnées comme un jardin anglais, jusqu’au manteau frangé comme un saule. Les «red carpet» de Cannes ont goûté à ces fruits, et on peut parier qu’ils attendent la prochaine récolte.

A l’ombre d’un temple protestant poussent les belles orchidées de Didit Hediprasetyo. Depuis cinq saisons, il se livre à un exercice maïeutique, mêlant riche héritage de la couture et culture du remix, avec pour trame son envie d’engager un nouveau propos couture. Un bomber en soie duchesse précède un top brodé d’améthystes par l’Atelier Lesage, un manteau en cachemire bordé de chinchilla rappelle un modèle de Paul Poiret; les imprimés numériques jouent au gré des plissés d’un bustier. Le grand écart entre passé et avenir ne passerait donc plus par la tabula rasa mais par une assimilation désacralisée.

Il n’est de femme plus fatale que celle qui est déterminée et maîtresse d’elle-même. Les silhouettes que Georges Chakra lui a consacrées mettent toutes en lumière sa dualité par le jeu des matières. Héroïne hitchcockienne, sa fragilité se protège sous des coupes strictes, ses yeux -et ses intentions- masqués par un chapeau aux larges bords que le cuir verni transforme en armure brillante. Quand elle coule sa silhouette de liane dans des fourreaux liquides de soies et de reflets chatoyants de sequins, ce n’est que pour mieux cacher ; l’apparente douceur d’une forme patineuse est brisée par l’or qui enserre la taille comme un corset protecteur. Les contradictions féminines n’auront jamais été aussi belles.

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