haut standing

«Nous créons des «lits chauds»

Selon Nicolas Garnier, membre du conseil d’administration de SDG, la vision du groupe d’investissement permet d’accorder les attentes du public avec les impératifs de la loi

Le Temps: Développer des projets de luxe de cette envergure en montagne en Suisse romande, c’est assez récent? Nicolas Garnier: Pas tant que ça si vous regardez les grands hôtels de la Riviera. Ils datent tous du début du XXe, c’était déjà une belle preuve de développement dans le domaine du luxe. Si on considère les 30-40 dernières années, avec le développement des stations de sports d’hiver on a vu un essor des propriétés avec baux commerciaux comme les résidences de tourisme qui ont connu un gros succès en Suisse et en France. Peut-être que cela a contribué à attirer une clientèle européenne. Concernant l’Hôtel du Parc, il était promis à la démolition et nous avons fait une proposition originale pour le sauver, notre concept étant de le transformer en résidence privée en PPE, mais aussi d’offrir l’ensemble des services dont on peut rêver.

– Ce type de bien immobilier ne s’adresse-t-il pas surtout aux riches étrangers?

– Non, nous avons un quota d’étrangers limité à 30%. Et ce sont les Suisses qui sont principalement sensibles à cet investissement patrimonial de très haute qualité.

– Quel est l’intérêt de monter des opérations à forte composante hôtelière telles que 51°?

– Premièrement, on disperse moins la propriété, on la parcellise moins en la donnant en accès à un plus grand nombre de personnes. Nous créons des «lits chauds» du fait que les acquéreurs, suisses ou étrangers, vont devenir propriétaires d’un morceau d’immeuble dans le cadre d’une utilisation limitée, le reste du temps leur appartement étant loué par l’intermédiaire d’un exploitant hôtelier sur la base d’un contrat de minimum vingt ans.

Ces «lits chauds» ont un grand avantage: leur exploitation à l’année (comme à Loèche-les-Bains qui possède des sources thermales) va être génératrice de retombées économiques pour la collectivité dans des métiers aussi formateurs que l’hôtellerie (où l’on peut de simple serveur devenir manager d’hôtel). Comme le Valaisan César Ritz, autodidacte, qui a commencé à 16 ans comme simple employé…

Les évolutions légales récentes en Suisse sont le reflet du désir de la population qui a voté en faveur de la loi sur l’aménagement du territoire ou pour la Lex Weber. Si vous vous intéressez à l’évolution de ce contexte légal en regard de l’appétit de la clientèle suisse et européenne et de ses besoins, vous arrivez rapidement à la conclusion qu’on devrait favoriser les projets à dominante hôtelière.

– Vous êtes architecte de formation. Comment en êtes-vous arrivé à la promotion de biens immobiliers?

– J’ai eu la chance d’être architecte d’opération sur des projets de montagne en France voisine. Il se trouve que le cabinet d’architectes dans lequel je travaillais était lui-même intégré dans une société de conception-réalisation de résidences de tourisme. Cette société a connu des difficultés dans les années 90 puis a été rachetée par le groupe Pierre & Vacances et j’ai suivi. C’est ainsi que j’ai participé à de grandes opérations touristiques comme Cap Esterel sur la Côte d’Azur, Avoriaz-la Falaise. Je pense que le métier de maître d’ouvrage qui est le mien aujourd’hui est sensiblement le même que celui de l’architecte au XIXe siècle en Europe de l’Ouest, un métier très complet: il fallait chercher le terrain puis trouver le financement auprès des banques, concevoir le projet, le vendre. Après cette époque, l’architecte est devenu un designer qui s’occupe essentiellement de définir la boîte… J’ai un plaisir plus grand à faire le travail de maître d’ouvrage, je ne dessine plus mais je définis une vision. Architecte, c’est un métier que j’ai abandonné progressivement mais c’est comme faire des chaussures. Une fois que vous avez été cordonnier, vous le restez à vie.

Publicité