«La mode sera amusante. Je n’ai pas peur de choquer. J’aime assez donner des coups de poing. J’ai le courage de l’essai.» Voici l’une des «notes sur la mode» rédigées par Elsa Schiaparelli pour la revue Labyrinthe de mars-avril 1950. A l’époque, le New Look de Christian Dior a substitué à ses excentricités d’amazone «l’art de plaire» cher au couturier. Quatre ans plus tard, Chanel, la grande rivale de Schiaparelli, saura séduire les Américaines en mode beige-noir, avec son tailleur, ses souliers bicolores et son sac 2.55. La page se tourne alors, remisant les chapeaux-chaussures et les robes homard dans le grenier de l’histoire de la mode. En 1954, alors qu’elle publie son autobiographie, Shocking!, Yves Saint Laurent, dont elle est la cliente jusqu’à sa mort en 1973, allumera les feux d’une mémoire. Dans ses capes brodées, dans ses roses de feu, on retrouve alors des ornements et les couleurs audacieuses d’Elsa Schiaparelli, le souffle d’un cœur qui bat.