Design

A la Design Week de Milan, la voiture qui dure toute la vie

Le salon international du meuble qui s’ouvre lundi 11 avril est l’occasion pour les constructeurs automobiles de parler design

Le design et l’automobile. Le mariage de la mécanique et de l’esthétique ne date pas d’hier. Il remonte même aux débuts de la mobilité à moteur. C’est Henry Ford et son modèle T invariablement noir. C’est plus tard, Preston Tucker et sa berline cyclope. Et c’est jusqu’à aujourd’hui le Kodo Design de Mazda, le label beauté du Japonais dont la dynamique musclée emprunte ses lignes à «l’animal en mouvement». Car au-delà du travail purement formel, le design est aussi une manière de susciter l’envie, un argument commercial moins problématique à mettre en avant que la puissance du tigre qui rugit sous le capot. Les constructeurs fabriquent donc de beaux objets roulants, réunis tout au long de l’année dans la tournée mondiale des raouts de l’auto. Fin de l’histoire.

Chaise Mazda

Pas tout à fait. L’engouement du grand public pour le design encourage les marques à sortir du cercle strict des foires techniques. Le salon du meuble qui s’ouvre lundi prochain à Milan figure ainsi parmi les événements auquel participe depuis quelques années déjà les principaux fabricants de voitures. Le showroom dans la capitale italienne de la mode produit toujours son petit surplus de glamour. On se souvient de Ronan et Erwan Bouroullec créant un étonnant display du futur pour Audi. En marge du pur exercice de scénographie, c’est aussi parfois l’occasion pour certains fabricants de sortir de la confidentialité leur gamme de design mobilier. Il faut savoir que Mazda et Bentley, par exemple, produisent aussi des ensembles fauteuil et table basse dans le même esprit design que leurs véhicules.

Roadster infini

En 2015, Mini et BMW avaient embauché le designer espagnol Jaime Hayon et l’argento-suisse Alfredo Häberli pour imaginer des installations concept. Les marques-phares du groupe allemand ont botté en touche cette année. A la place, le designer milanais Odo Fioravanti met en scène le projet FreeRide de Land Rover développé à partir du SUV décapotable Evoque Convertible de la marque anglaise. Classique. Davantage orienté objet, Lexus présente à Milan les finalistes de son concours international destiné aux jeunes créateurs. La branche luxe de Toyota a choisi Formafantasma, épatant studio de designers italiens mais installés à Amsterdam, pour penser la scénographie de son exposition.

C’est dans ce cadre à la fois transparent et subtilement coloré que le grand gagnant du Lexus Design Award sera désigné lundi 11 avril. La maison-mère Toyota, dont c’est la première participation à la Design Week, présentera, elle, Setsuna (qui signifie «moment» en japonais), roadster écolo et électrique dont le cadran de l’horloge est gradué sur 100 ans. Une voiture infinie mais 100% concept et presque entièrement fabriqué en bois, matériaux durables un siècle s’il est bien entretenu, en souvenir des hors-bord chics de l’ingénieur italien Carlo Riva. Une manière poétique de faire la chasse à l’obsolescence en insistant sur la transmission d’un objet à travers le temps et les générations.

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