Dans l’antichambre de son studio, il y a une gigantesque sphère lumineuse accrochée au plafond – on dirait la lune –, des échelles contre le mur, un stock de papier, un lavabo, et trois grosses machines. La première n’est pas très spectaculaire, c’est une photocopieuse. La seconde est un long traceur à jet d’encre, pour imprimer des plans en grand format. La troisième est un fascinant cube transparent baigné de lumière blanche – une imprimante 3D – dans laquelle une tête mécanique mobile excrète une matière claire et fine, laquelle formera, d’ici une quinzaine d’heures, le prototype d’un pied de lampe. On est occupée à regarder l’engin mener son étrange ballet saccadé lorsque Constance Guisset sort de son bureau, s’excuse de nous avoir fait attendre, et lance dans le sourire lumineux qui la caractérise: «Vous savez que j’adore les grosses machines?»