Il y a très peu de phénomènes ou de dynamiques politiques, sociales et culturelles qui restent identiques en toutes situations et pour tous les membres d’une catégorie. On peut évidemment identifier quelques femmes en position privilégiée. Mais ces exceptions ne suffisent pas pour infirmer un fait social, par exemple qu’être un homme est en général un avantage dans nos sociétés.

Dans la sphère familiale, c’est la mère, la conjointe ou la fille qui se dévouent et effectuent le «travail domestique». Même si elles sont féministes! Cela englobe des tâches physiques et psychologiques très exigeantes et généralement accomplies par des femmes. Dans la sphère de l’emploi, nous avons plus facilement accès à des places mieux payées et plus prestigieuses et ce sont des hommes qui possèdent les plus importantes fortunes et qui sont seuls ou largement majoritaires dans les conseils d’administration des grandes compagnies privées.

Dans la sphère politique, ils sont majoritaires à la tête des partis et dans les parlements, mais aussi à la direction des syndicats et des mouvements sociaux. Les sports masculins sont aussi plus prestigieux et mieux financés. Enfin, les hommes ont en général plus d’argent que les femmes et n’ont pas peur d’être agressés physiquement ou sexuellement chez eux, sur leur lieu de travail, dans leur organisation politique ou dans la rue. Sans oublier les féminicides dus à un conjoint ou un ex-conjoint, qui surviennent avec une régularité révoltante.

Lorsqu’on leur pose la question, les hommes déclarent d’ailleurs sans hésiter qu’ils ne voudraient pas être à la place des femmes. Malgré les rengaines antiféministes, ils savent très bien qu’ils sont privilégiés.


François Dupuis-Déri «La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace» aux Editions Remue-ménage


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