Selon Luca Santos (ci-dessous), la démocratisation des boissons sans alcool est en marche, et la tendance continuera à creuser son sillon. «On vit une époque à laquelle les gens prêtent attention à ce qu’ils mangent, il en va de même pour les boissons. Mon projet part d’une expérience personnelle. Pendant la deuxième vague du confinement, je me suis rendu compte que ma consommation d’alcool du week-end était régulière et excessive. En prenant du recul, je suis arrivé à la conclusion qu’il s’agissait pour moi d’une façon d’exister aux yeux des autres. En essayant de réduire la consommation, je me suis trouvé rapidement en manque de solutions alternatives en termes de goût.»

Le jeune homme âgé de 27 ans a donc exploré ce segment spécifique et découvert le site français de distribution de bières, vins et cocktails sans alcool Gueule de joie, qui l’a grandement inspiré pour lancer son propre projet. «L’idée est de retrouver des saveurs familières et des produits avec du caractère. Lorsqu’on fait le choix de ne pas consommer d’alcool, on se heurte à des aspects limitants. Il y a d’abord la palette gustative qui se retrouve limitée. Se tourner vers les sodas usuels amène souvent à des breuvages trop sucrés», déplore le Neuchâtelois.

«D’un point de vue social, être la seule personne à ne pas boire peut même se révéler gênant, poursuit-il. Prenez par exemple ce moment de connivence où tout le monde lève son verre et que vous avez de l’eau dans votre verre…»

On comprend donc pourquoi ces boissons visent à soigner la présentation et l’emballage du produit: pour respecter nos modes et codes de consommation afin que le choix du sans-alcool devienne quelque chose d’anodin et non plus un sujet de remarques. L’assortiment initial d’Ivre de plaisir compte une cinquantaine d’articles, mais Luca entend bien évidemment l’élargir. Parmi les étiquettes suisses, on retrouve les limonades et les tonics neuchâtelois de Kinai ainsi que la mousse Placebo de la brasserie lausannoise Docteur Gab’s.

Les femmes enceintes, dont la pause sans alcool s’étend sur un laps de temps assez long entre grossesse et allaitement, ainsi que les sportifs constituent les premiers publics cibles. La nouvelle plateforme a attiré le bienveillant support de deux athlètes de haut niveau comme la traileuse Ariane Wilhem et Joanna Ryter, l’étoile montante du triathlon dont elle a remporté le titre mondial à Hawaï en 2018.


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