Dans nos existences subitement métamorphosées, la culture continue de nous offrir des moments d’évasion, une fenêtre sur le monde capable d’aérer nos esprits durant ces jours de confinement solidaire. Pour Frida Kahlo, l’art était moins une manière de s’exprimer que de vivre et de surmonter ses souffrances physiques et morales. L’existence de celle qui est devenue une personnalité artistique mondialement reconnue, en même temps qu’une figure du féminisme, a été largement marquée par la maladie. A l’âge de 6 ans, elle contracte la poliomyélite qui déforme sa jambe et la rend boiteuse. A 18 ans, un terrible accident de bus la cloue au lit pendant trois mois. C’est pendant cette longue convalescence qu’elle s’initie à la peinture. Ce funeste épisode eut pour conséquence une interminable série d’opérations et de complications jusqu’à sa mort, dans sa 47e année.

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Féminité et féminisme

Ses problèmes de santé sont indéniablement un des fils rouges de l’exposition virtuelle présentée par Google Arts & Culture, qui compile une infinité de regards croisés sur la vie, l’œuvre et l’héritage de Frida Kahlo. Y est bien évidemment décortiqué le symbolisme de ses tableaux, majoritairement des autoportraits mais aussi de sublimes natures mortes.

Les différents dossiers nous plongent dans son journal intime, dans sa correspondance privée, dans les lieux où elle a vécu, le tout enrichi par les critiques de spécialistes. Destiné à en faire une icône de la mode, son style, aussi distinctif que son célèbre mono-sourcil, est une affirmation de sa féminité et de ses convictions politiques. Ses robes traditionnelles Tehuana, en plus de cacher les imperfections de ses jambes, définissent son identité et son héritage culturel, portant haut les couleurs du nationalisme mexicain. Sa vie, hyperbolique et inspirante, se retrouve ainsi superbement restituée par la plateforme muséale de Google.


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