Tourisme

GastroSuisse tire la langue

Les hôtels et restaurants ont enregistré en 2012 une baisse importante de leur chiffre d’affaires

Moins de bureaucratie. Plus d’hygiène. Tels sont les deux chevaux de bataille de GastroSuisse. L’association faîtière de l’hôtellerie-restauration helvétique présentait hier son traditionnel bilan annuel. Un tableau morose quant aux chiffres, tout d’abord: l’année écoulée a vu «des consommateurs réservés et des clients absents», note Klaus Künzli, président de GastroSuisse; chaque Suisse a consacré en moyenne 2988 francs à la restauration hors foyer, soit une baisse de 2%. Autrement dit, 720 000 nuitées de moins qu’en 2011, 2447 emplois à plein-temps perdus et, dans les tiroirs-caisses des restaurants, 478 millions de chiffre d’affaires en moins.

Débat sur la transparence

Citant une étude du Seco, les responsables de GastroSuisse ont abondamment souligné que les denrées alimentaires étaient «le domaine le plus bureaucratique de l’économie». Une raison de combattre avec détermination les affres de la paperasse. Evoquant la révision de la loi sur les denrées alimentaires, cruciale pour la branche, ils se sont fermement opposés à l’exigence, pour les consommateurs, de choisir en connaissance de cause. «Mettre ces informations à disposition des clients serait impossible dans la pratique, et il ne faudrait tout de même pas que nos clients doivent lire un mode d’emploi avant de pouvoir choisir leurs plats», déclare Klaus Künzli.

Ces dispositions visant à une transparence accrue n’apporteraient, au fond, «que bureaucratie et frais», estiment encore les dirigeants de GastroSuisse. A la veille du débat sur la création d’un éventuel label de qualité (lire ci-dessus), les associations de consommateurs apprécieront…

L’hygiène mise en avant

Sur le terrain politique, GastroSuisse a connu une année mouvementée et se félicite du rejet de l’initiative «protection contre le tabagisme passif», en octobre dernier. L’association s’engage aussi contre la révision de la loi sur l’alcool («les abus d’alcool des jeunes n’ont pas lieu dans l’hôtellerie-restauration») et pour une révision de la TVA, qui discrimine actuellement les restaurants traditionnels par rapport aux «take away».

Autre cheval de bataille, l’hygiène – «base de la restauration»: GastroSuisse a élaboré des directives destinées aux professionnels, qui font la synthèse de trois lois et d’une trentaine d’ordonnances. Censé limiter la paperasse, ce guide réunit «les outils indispensables à la gestion d’un établissement dans de bonnes conditions d’hygiène».

Sur le plan de la formation, l’association a lancé, avec succès, un nouveau cursus en sommellerie de la bière, qui sera proposé pour la première fois en septembre en Suisse romande. Autre nouveauté, la plateforme créée en partenariat avec Suisse Tourisme, qui propose des hôtels à bon prix et des réservations facilitées.

GastroSuisse, fédération de l’hôtellerie et de la restauration suisse, compte quelque 27 000 établissements – 81% dans la restauration, le reste dans l’hôtellerie – regroupés au sein de 26 sections cantonales. Un secteur important pour l’emploi – qui représente 214 807 employés – essentiellement constitué de petites et moyennes entreprises.

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