Design

Good Job

Nynke Tynagel et Job Smeets secouent le design depuis 10 ans

Elle s’appelle Nynke Tynagel, lui Job Smeets. Elle est Néerlandaise, lui Belge. Ensemble, ils forment Studio Job, duo design aux poses calculées et au style immédiatement reconnaissable, fans indéfectibles de l’architecte moderne Gerrit Rietveld dont ils possèdent, à Bergeyk, l’une des villas. Autant dire des stars du mobilier contemporain chez qui les meubles marquetés racontent des histoires de catastrophes industrielles, les tables à manger sont en papier et une bonne partie de la production tient davantage de la sculpture que de l’objet utilitaire.

Le couple, qui s’envisage davantage artiste que designer, cultive ainsi un genre à la marge entre le décor d’Alice au Pays des Merveilles et le jouet de luxe pour grands enfants très riches. Comme cette minuscule pendule surmontée par un gigantesque King Kong furieux gravissant non pas l’Empire State Building, mais une version bling du Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel du monde qui perce le ciel de Dubaï. Un objet baroque, kitsch et assez drôle, dont Studio Job assume l’esthétique too much. On aime ou pas.

La semaine dernière à l’Armory Show, foire new-yorkaise dédiée à l’art contemporain, Nynke Tynagel et Job Smeets fêtaient leurs 10 ans de créations sur le stand de la galerie Chamber. Une décade prodigieuse dont la production est destinée aussi bien aux galeries qu’aux éditeurs de design (dont le Suisse StonetouCH) et aux grandes maisons bien établies sur le marché (Moooi). Manière de constater que chez les Job, l’imaginaire vient du Nord, les morbiers décorés de saynètes colorées s’inspirent de la tradition bavaroise et que leur style surchargé copine parfois avec un minimalisme radical.

En 2013, Studio Job lançait une ligne de meubles de bureau pour la marque hollandaise Lensvelt. Des armoires, des tables et des lampes métalliques plus simples tu meurs, mais où certains éléments que le design minore (clé de porte, poignée de tiroir, interrupteur) prenaient d’un coup une importance majeure. Et donnaient à ce type de mobilier souvent strict une dimension comique. Comme ces gros nez en acier doré, détails cartoons et absurdes, qui servent à ouvrir les tirettes des secrétaires. Du design qui fait mouche.

www.studiojob.com

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