Design

Le Grand Jeu

De Tokyo à Langenthal, la course au prix des designers de BIG-GAME

Il y a des semaines comme ça où vous savez pourquoi vous vous levez le matin. Mardi, les designers lausannois BIG-GAME étaient à Tokyo pour recevoir le premier Design Prize remis par la manufacture Hublot. Et hier soir à Langenthal, dans l’Oberland bernois, pour décrocher le Prix Merit du Design Preis Schweiz qui couronne l’ensemble de leur carrière. Eh oui, il y a des semaines comme ça.

Un couronnement certes, mais pour un parcours encore frais, démarré en 2004. Augustin Scott de Martinville, Grégoire Jeanmonod et Elric Petit se sont connus sur les bancs de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL). Un Français, un Suisse et un Belge qui sortent diplômés en design industriel. Et se mettent dans la foulée à la colle sous le nom de BIG-GAME, jeu de mots anglais qui signifie à la fois le grand jeu (facile), mais désigne aussi le très gros gibier.

C’est d’ailleurs avec de faux trophées en bois assemblés que le trio décolle. Des têtes d’élan et de biche, plus éléments décoratifs qu’objets fonctionnels, qui vont illico faire le tour de la blogosphère du style. Histoire de dire aussi qu’il y a dans ce design un humour et une vraie dérision, mais aussi des influences cinématographiques (visez leur fauteuil Bold et son look space age très 2001, L’Odyssée de l’espace) et une foultitude de petits produits (montres, lampes de chevet) qui cultivent le goût du trio pour la couleur et le jeu, forcément. Chez BIG-GAME, l’objet est ludique. Il s’éprend de faux-semblants. Les clés USB ressemblent à des crayons et leur caisse à outils Cargo a une barge large et creuse capable de tout transporter. Il s’expose aussi en galerie. En 2008, les Lausannois éditaient avec Kreo à Paris un tapis en forme de circuit pour voitures miniatures. Designers originaux à l’ironie dosée juste ce qu’il faut, ils tapent bientôt dans l’œil de quelques grandes maisons de design (Alessi, Hay et Habitat), mais aussi dans celui de structures plus pointues (Moustache et Wiener Silber Manufactur). Depuis quelques années, BIG-GAME développe un mobilier plus rigoureux avec le japonais Karimoku New Standard, éditeur spécialisé dans le travail du bois. Le nom de la série? Castor. Rigoureux, mais toujours drôle.

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