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Yannick Alléno, chef deux fois triplement étoilé et nouvel ambassadeur de Hublot.
© DAVID COULON/DUKAS/LE FIGARO

Boire et manger

Les grands chefs jouent la montre

Blancpain et Hublot collaborent depuis longtemps avec les meilleurs cuisiniers du monde. Parce que l’horlogerie, comme la gastronomie, est une affaire de bon goût et de précision

Les chefs de cuisine ont le vent en poupe. Les grandes marques horlogères l’ont bien compris. Bye bye l’image du cuisinier serré dans son tablier maculé de taches, suant derrière ses fourneaux. Bonjour celle des rois du piano avides de conquérir de nouveaux mondes et désormais promus nouveaux visages de l’horlogerie moderne. Que ce soit avec le célèbre Joël Robuchon – partenaire historique de la marque Blancpain – ou plus récemment avec Yannick Alléno – chef deux fois triplement étoilé à Paris et à Courchevel et nouvel ambassadeur de Hublot –, les deux univers en pleine ébullition désormais s’alignent.

Chez Blancpain, cette cuisine ne date pas d’hier. Précurseur en la matière, l’entreprise appartenant au groupe Swatch s’est toujours associée avec de grands chefs à la renommée internationale afin de mettre en avant une quête d’excellence commune. Dès 1989, la manufacture tisse ses premiers liens avec les trois cuisiniers du siècle – Paul Bocuse, Frédy Girardet et Joël Robuchon – en leur offrant une montre gravée à leur intention. «A l’époque, nous étions les seuls, explique fièrement Alain Delamuraz, vice-président et directeur marketing de Blancpain. Il y a réellement une symbiose entre l’horloger et le chef de cuisine La recherche de la matière première, la précision des gestes, la technique des outils, la rigueur du travail et surtout la passion du métier sont des valeurs communes entre ces deux métiers d’art», énumère cet ancien diplômé de l’Ecole hôtelière de Lausanne, autrefois directeur du Lausanne Palace.

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L’exemple hôtelier

Pour la marque, ce rapprochement ne se limite pas exclusivement à la nourriture mais aussi au service, à travers des partenariats avec Leading Hotels of the World et Relais & Châteaux. «Nous devons ouvrir la porte d’une boutique comme celle d’un hôtel. L’accueil doit être le même», résume Alain Delamuraz, dont la marque sponsorise également des manifestations telles que le Bocuse d’Or Suisse, la Semaine du Goût et les Grandes Tables de Suisse. Une orientation marketing pleinement assumée par la direction au même titre que les nombreuses collaborations avec des chefs.

L’homme entretient depuis toujours un rapport étroit avec le temps et ce qu’il mange. Ce sont des réflexes ancestraux

Yannick Alléno, chef

Marc Haeberlin, Guy Savoy, Philippe Chevrier, Stéphane Décotterd ou encore Michel Rostang figurent parmi les incontournables du monde culinaire qui «nous accompagnent et que nous accompagnons», reprend Alain Delamuraz. Mais Joël Robuchon reste l’ambassadeur de la marque le plus emblématique. C’est dans les coulisses de son restaurant monégasque qu’il a rencontré Alain Demuraz en lui demandant s’il n’aurait pas une montre pour lui. Il se voit offrir une horloge murale et le partenariat est scellé les yeux dans les yeux autour d’une blague et d’un bon repas. «Quand il a fallu aborder l’aspect monétaire, il nous a répondu que ce n’était pas nécessaire, car qui dit argent dit contrats, avocats et au bout du compte problèmes.»

Même s’il est impossible de chiffrer les retombées économiques d’un tel «accord de principe à l’ancienne», ce partenariat profite aux deux parties: Blancpain, bénéficiant de l’image de Joël Robuchon et de sa réputation sur la scène culinaire mondiale, apporte au restaurant de ce dernier une notoriété supplémentaire. Une vision gagnante à long terme qui nourrit l’ADN de la marque et a pour but d’accompagner ses partenaires dans leurs carrières professionnelles. Alain Delamuraz se rappelle quand le chef français est venu visiter pour la première fois la manufacture dans la vallée de Joux. «Il a vu le soin que nous apportions aux détails. Comme pour la cuisine, c’est sur eux que l’on voit le talent. Il a ainsi pu constater que le niveau de finition et la quête de l’excellence chez un horloger sont équivalents à la minutie et à la rigueur qu’un chef impose à ses brigades. Il était séduit.»

Valeurs communes

Mais rejoignons les sommets enneigés de Courchevel. La marque Hublot dévoile en avant-première dans le très luxueux hôtel Cheval Blanc – les deux propriétés du groupe LVMH – un nouveau partenariat avec un deuxième cuisinier. Après le Grison Andreas Caminada, c’est au tour du Parisien Yannick Alléno d’être le nouvel ambassadeur de la manufacture. «Le choix s’est avéré évident: sa personnalité correspond en tout point à notre philosophie, explique Ricardo Guadalupe, CEO de Hublot. A l’heure actuelle, être un chef deux fois triplement étoilé est exceptionnel. C’est ce que nous recherchons chez nos ambassadeurs.» Lesquels comptent déjà dans leurs rangs l’athlète Usain Bolt – le plus titré de l’histoire des Jeux olympiques en sprint avec huit médailles d’or – et le triple champion de NBA Dwyane Wade. Les cuisiniers seraient-ils les nouveaux sportifs dans la stratégie des égéries? «Leur succès commence par qui ils sont et ce qu’ils dégagent en tant qu’êtres humains, continue Ricardo Guadalupe. C’est leur manière à eux d’exister dans notre société contemporaine. Que ce soit pour l’horlogerie ou l’art culinaire, il y a une volonté commune de laisser une trace dans le temps. La notion de plaisir et de savoir-faire nous unit et c’est ce que nous souhaitons transmettre. Tout se rejoint: la précision, la minutie, la technicité et finalement l’intelligence humaine.»

Le rapport entre Yannick Alléno et Hublot est autant historique qu’affectif. L’unique montre que porte son père est une Hublot, qui ne quitte jamais son poignet. «Pour moi, le luxe c’est le temps. L’homme entretient depuis toujours un rapport étroit avec lui et ce qu’il mange. Ce sont des réflexes ancestraux», observe le chef, qui imagine une gestion de son temps différente qui lui permettrait de trouver le moment le mieux adapté à la dégustation. Stressé par nature, lui n’enlève d’ailleurs jamais sa montre. Et quelle est l’heure que Yannick Alléno préfère? «23 heures, à la fin du service, quand je peux prendre le temps de souffler et de décompresser. C’est à nous de nous adapter à l’espace temporel. Et l’horlogerie nous guide invariablement dans cette quête.»

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