Il y a toujours une piste pour skier à Gstaad, domaine enneigé d’octobre à mai, qui bénéficie de la proximité du Glacier 3000, seul glacier skiable dans la région. L’une des pistes les plus agréables est sans doute celle de la Videmanette, reliée à la Romandie voisine.

Mais la force et le charme du domaine viennent surtout de ses larges pentes, densément boisées et peu raides: 80% des pistes sont de difficulté facile ou moyenne. La destination phare de l’Oberland bernois est surtout connue comme le paradis des débutants ou des contemplatifs, adeptes de paysages grandioses… On y pratique un ski «tranquille».

D’ailleurs, la région est aussi appréciée des amateurs de ski de randonnée. Gstaad s’avère en effet un terrain de jeu idéal en la matière. Du Rellerli, et ses pentes de moins de 35 degrés, au Steinmandli, qui offre toujours de la poudreuse même trois ou quatre jours après les chutes de neige, en passant par le circuit gourmand sur le Hugeligrat, à 1899 mètres d’altitude, les configurations sont nombreuses dans un écrin préservé et aisé à parcourir. Ceux qui pratiquent des sports d’hiver sur un tempo plus apaisé et loin des foules iront ici de (bonnes) surprises en surprises.

La peau de phoque, seul ou guidé

En effet, les amateurs de peau de phoque se régalent dans ce cadre intimiste et protégé. Parmi les circuits incontournables, celui que suivent les débutants sur les pentes du Rellerli, à Schönried, est idéal pour démarrer, car il serpente dans un parcours dédié, et sur un versant ensoleillé. Plus difficile, la balade qui relie le haut du village de Feutersoey au sommet du Walighürli offre 900 mètres de dénivelé, mais peut aisément se pratiquer en famille. Après trois heures d’efforts, le sommet (2000 mètres) offre un panorama magique sur les Alpes bernoises. Non balisé, le lieu est peu fréquenté. Mais impossible de se perdre parmi les trois itinéraires de descente, sur les pentes nord, permettant de profiter d’une poudreuse parfaite jusqu’à Feutersoey, accessible en voiture ou en car postal.

Pour les plus sportifs, rien de mieux qu’une sortie au Wildhorn, sommet le plus élevé de la région (3248 mètres). Etant donné la durée et la technicité de cette sortie, qui demande cinq à six heures de montée, et du matériel spécifique (harnais, cordes), mieux vaut solliciter l’un des nombreux guides alpins à l’Alpinzentrum de Gstaad, si l’on est peu familier du ski de randonnée. Originaires de la région, ces grimpeurs d’élite très sympathiques sont souvent une mine d’information et d’anecdotes sur l’histoire locale. En général, l’excursion se fait sur deux jours. On séjourne dans la cabane du Wildhorn (2302 mètres), rénovée en 2017, célèbre pour son mémorable café au schnaps, qui a le don de réchauffer! Le lendemain, après avoir accédé au sommet, on repart pour une descente, deux à trois heures de glisse, pur moment de liberté.

L’essor de la randonnée hivernale

Gstaad, c’est aussi et surtout 180 kilomètres de pistes de ski de fond, 162 kilomètres de tracés de randonnées d’hiver et 70 kilomètres dédiés aux balades en raquettes. La randonnée hivernale, en particulier, connaît un réel essor. Une trentaine de circuits sont accessibles en ligne, pour des échappées de vingt minutes à plusieurs heures. Cette tendance est-elle due au retour de la culture de la marche, de Sylvain Tesson à d’autres explorateurs? Toujours est-il qu’elle permet à chacun de découvrir la montagne autrement, guidé par le seul crissement de la neige sous ses semelles. Une reconnexion à la nature qui n’est pas de tout repos: au bout d’une heure, le pouls s’accélère légèrement. Heureusement, la région de Gstaad regorge de restaurants de montagne où marquer une halte bienvenue, soit près de 25, sans compter une quinzaine de bars. Autre option, en famille ou entre amis: ne pas hésiter à réserver son «sac à dos à fondue», la veille, auprès de la laiterie de Gstaad. De quoi partager un repas en plein air dans des espaces dédiés, tel le fameux caquelon géant de la Wispile.

Le silence absolu

Quand les flocons sont tombés en abondance, mieux vaut sortir en raquettes. Il n’est pas rare, lorsqu’on randonne dans la région, notamment autour de Lauenen, de se retrouver au milieu de paysages immaculés, sapins ployant sous la neige fraîche, dans un silence absolu. Parmi les merveilles hivernales à explorer, le circuit de deux heures et demie du Lauenen Rohr, à partir de l’arrêt de bus Rohrbrücke jusqu’au mythique lac de Lauenen, lieu d’énergie tout à fait particulier, à travers la réserve naturelle de Rohr. On peut finir au Bochtehus Beizli, auberge typique connue des amateurs de randonnées, qui propose une série de spécialités locales. Mais bien d’autres circuits existent et se développent dans la région du Hornberg.

Quand ski rime avec confort

Et si l’énergie vous manque pour vous lancer dans une marche, n’hésitez pas à faire un tour dans la nouvelle télécabine de l’Eggli, la montagne locale à proximité de Gstaad. Elle est désormais équipée d’une installation de luxe, inaugurée le 21 décembre prochain. On peut s'y rendre juste pour le plaisir du voyage. Dessinées par le Porsche Design Studio, ses cabines pour dix personnes comportent sièges rebondis, vitres panoramiques, grande luminosité, suspensions ultra-douces… A Gstaad, qui investit régulièrement dans ses installations, ski rime toujours avec confort et innovations. Cet hiver, c’est une «dameuse gastronomique» qui devrait surprendre les visiteurs. Installé sur la station d’arrivée de la nouvelle remontée mécanique de l’Eggli, ce restaurant éphémère proposera une carte de spécialités à déguster en admirant la vue panoramique. A ne pas rater les jours spéciaux où de grands chefs de la région, comme Martin Göschel de l’Alpina, proposeront des recettes d’exception*. Pour ceux qui craignent les dépenses excessives, notez que, pour la première fois, Gstaad propose une tarification dynamique pour accéder à ses pistes, qui permet de bénéficier de réductions de 25% hors des jours de haute fréquentation.

De la piste de luge au spa

Pour les amateurs de sensations fortes, sus sur les 30 kilomètres de pistes de luge que compte la région. La meilleure? La Horneggli Run, 3,4 kilomètres à travers les sapins qui se parcourent en une bonne demi-heure. Elle croise la Hornberg Run, plus facile et rectiligne, qu’on parcourt plutôt en famille… ou pour s’échauffer! Prêt pour une sortie un peu plus sportive? Testez la Wispile Run. On s’y rend en télécabine depuis Gstaad. Ensuite, on tire sa luge une quarantaine de minutes, sur un beau chemin panoramique, facile, qui suit la crête. A l’horizon se dresse la silhouette imposante du Spitzhorn. Ensuite, en piste! Et dès le départ, ça descend fort. La partie supérieure du tronçon ne conviendra pas aux froussards: descente raide et rapide… Il faut savoir gérer sa vitesse et prendre des virages serrés! Plus bas, la pente est moins forte et le rythme un peu plus posé. Toute la descente, pour laquelle il faut compter deux bonnes heures, serpente à travers différents espaces boisés, et des champs le plus souvent.

On arrive en bas du col du Pillon, et en quelques minutes à pied on rejoint le village typique de Gsteig. On apprécie la très photogénique église gothique et l’hôtel Bären voisin, avec sa façade traditionnelle, où l’on peut se réfugier pour boire un chocolat chaud! De là, retour à la station inférieure de Wispile, avec le car postal.

En fin de journée, les activités ne manquent pas. Saanen accueille un marché de Noël tout au long du mois de décembre. Pour la fin d’année, le New Year Music Festival propose une série de concerts. En janvier, les acrobates du Snow Bike Festival, que Gstaad accueille depuis 2016, laissent les visiteurs bouche bée. Et le festival de ballons voisin de Château-d’Œx est la promesse de soirées féeriques.

Et pour se ressourcer après une journée dans la neige, rien de mieux qu’une séance de spa. Les luxueux hôtels de Gstaad déclinent une offre très complète en la matière. Celui du Grand Bellevue, a vu tout son espace dédié aux bains entièrement renouvelé cet été. Sur 3000 m2, ce «Grand Spa» est à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui en termes de wellness. Ses 17 espaces dédiés (sauna au foin, laconium, bio sauna, grotte de sel…) allient un design superbe et soigné à un vrai confort d’utilisation. La garantie d’être profondément requinqué avant de repartir sur les pistes!

* Le 18 janvier: Ermitage, Peter Dosot; le 1er février: Gstaad Palace, Franz W. Faeh; le 8 février: Le Grand Bellevue, Marcus G. Lindner; le 15 février: Alpina Gstaad, Martin Göschel; le 29 février: Park Gstaad, Fabrizio Crespi.