Architecture

A Hambourg, la «maison aux algues» produit sa propre chaleur

A Wilhelmsburg, l’architecte autrichien Splitterwerk a édifié le premier immeuble d’habitation équipé d’un bioréacteur

Il faut s’approcher du petit bâtiment de quatre étages pour entendre sa spécificité: l’immeuble glougloute, et semble respirer. Ou plutôt digérer… Dans le quartier de Wilhelmsburg à Hambourg, la «maison aux algues» de l’architecte Splitterwerk, de Graz, est le premier bâtiment au monde à se chauffer à l’aide d’une façade équipée d’un bioréacteur: les versants sud-est et sud-ouest de la construction sont doublés de panneaux de verre creux contenant un liquide vert. A intervalles réguliers, des bulles de gaz remontent à la surface, faisant gargouiller les murs.

C’est dans ces panneaux aux allures d’aquarium que sont cultivées les algues microscopiques qui produisent biomasse et chaleur sous l’effet combiné de la photosynthèse et de l’énergie solaire. Les algues n’ont qu’à grandir. Récoltées, elles seront transformées en biogaz. Quant à la lumière qui n’aura pas été utilisée pour la photosynthèse, elle est absorbée par la façade pour produire de la chaleur consommée sur place, ou récupérée (pour la chaleur produite en été) dans un ancien bunker voisin converti en réservoir.

«Le passage des bulles permet de brasser les algues, afin qu’elles ne soient pas exposées trop longtemps au soleil et qu’elles ­poussent à un rythme régulier», explique Stefan Hindersin, responsable sur place de ce réacteur expérimental.

Dans la salle des machines, situées au rez-de-chaussée du bâtiment, les murs sont ornés de tuyaux qui assurent l’approvisionnement des plantes en gaz carbonique, en azote et en phosphore et qui recueillent l’énergie produite. «Pour l’instant, le fonctionnement n’est pas encore ­totalement automatisé, mais c’est notre objectif à terme», explique le biologiste, concédant que le bruit occasionné par le fonctionnement du réacteur pourrait ­gêner les habitants.

Les 15 appartements de 50 à 120 mètres carrés ont été livrés au printemps. La «maison aux algues» est l’un des 12 bâtiments d’habitation «passifs» – consommant moins d’énergie qu’ils n’en produisent – édifiés dans le cadre de l’Exposition internationale d’architecture de Hambourg avec pour mission de s’interroger sur le logement écologique du XXIe siècle. La construction de l’édifice a coûté 5 millions d’euros et a bénéficié du soutien financier de la Ville de Hambourg.

Publicité