Au fond de la boutique de Huang Daojing à Hengyang, dans le Jiangxi, au sud de la Chine, deux jeunes filles équipées d’un peigne de bois coiffent les longs cheveux noirs d’une troisième. Toutes sont vêtues de longues tuniques ocre, blanc, et bleu ciel, décorées de broderies représentant des phoenix, des lions et des dragons. Vendeuses et modèles de cette échoppe, elles proposent à la location des hanfu, des vêtements traditionnels dont la cote ne cesse de monter. Hanfu signifie littéralement «vêtement han», du nom de l’ethnie majoritaire chinoise. Il intègre donc toutes les tendances vestimentaires impériales en dehors des dynasties Yuan et Qing établies par d’autres ethnies. Popularisée sur internet, cette tendance mêle cosplay, redécouverte d’une histoire impériale oubliée et nationalisme, dans une Chine qui puise dans son passé impérial pour assurer sa légitimité de «grande nation».