Il aurait pu se contenter d’aligner ses exquis petits bonbons réglisse, yuzu, menthe et menthe, de couler le chocolat dans ses demi-sphères fétiches, de le repeindre dans des couleurs inouïes: vert luxuriant ou bleu pétrole. Non.

Patrick Roger a fait basculer le cacao dans la 3D. On ne saurait dire s’il est d’abord «ciseleur de goûts» ou plutôt artiste de l’extrême. Ses délires visionnaires, entre Botero et le douanier Rousseau, s’inscrivent au registre de tous les records.

Chaque année, à la veille du grand désert estival, il dédie une de ses folles et gigantesques sculptures à l’environnement. La dernière se nomme précisément Et le désert avance: une tribu de pachydermes se vautre dans sa fange somptueuse de poudre de cacao, bravant la pesanteur pour faire passer le message de la menace sur l’Afrique, les réserves d’eau, la planète…

Simultanément, Patrick Roger publie un véritable livre d’art, évoquant son univers féerique. Sept chapitres pour dire sa folie et sa lumière, rappeler ses marcheurs étrusques et ses ballerines voluptueuses, sa tour géante ou son mur de Berlin version cacao. Avec, en exergue, cette jolie phrase d’Oscar Wilde: «Il est important d’avoir des rêves d’enfant assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit»…

«En quête de chocolat», Patrick Roger, Ed. du Chêne.www.patrickroger.com