Marc Birkigt, ce génial inventeur, qui fabrique des moteurs de voitures et d’avions, est engagé en 1902 dans la création de la Castro Fabrica Hispano-Suiza de Automoviles. Après quelques revers de fortune, la société sera rachetée en 1904 par deux banquiers - Damian Mateu et Francisco Seix - et deviendra la société Hispano-Suiza. Marc Birkigt, engagé comme chef ingénieur, en devient également actionnaire.

Les Hispano-Suiza ont la réputation d’être robustes et rapides. Elles commencent à gagner des compétitions et deviennent de magnifiques, mais onéreux objets de désir. En 1911, un atelier de production est ouvert à Bois-Colombes, dans la banlieue parisienne. La même année, une Hispano Suiza type 20 sort vainqueur du circuit de Brooklands avec une moyenne de 137 km/h.

En 1914 l’atelier est réquisitionné par le gouvernement français et Marc Birkigt retourne à Barcelone. L’armée de l’air espagnole demande à Hispano-Suiza de concevoir un moteur d’avion national. L’ingénieur se met au travail et invente une mécanique révolutionnaire: un 8 cylindres en V à refroidissement par liquide. Cette nouvelle parvient au gouvernement français qui, après avoir fait subir au moteur des tests prolongés, passe commande d’une cinquantaine de moteurs V8 à la firme. C’est donc autour d’un moteur baptisé Hispano-Suiza 8Aa de 150 ch. que seront construits en 1916 les légendaires chasseurs biplan SPAD S. VII de l’armée de l’air française. Rapides, puissants, fiables, maniables, volant à des altitudes jamais atteintes, ceux-ci deviennent les maîtres du ciel.

C’est à bord d’un tel appareil que le capitaine Georges Guynemer, l’un des pilotes français les plus renommés de la première guerre mondiale, remporte 41 de ses 54 victoires. Et c’est en son honneur et celle de l’escadrille des cigognes, à laquelle il était affecté, que le fier oiseau deviendra bouchon de radiateur cigogne à partir de 1919. Commence alors l’âge d’or des Hispano-Suiza, qui perdurera jusqu’en 1936, lorsque la firme cessera la production d’automobiles.