On connaissait la phase de lune, complication si souvent vantée par les horlogers pour son aura magnétique et le pouvoir émotionnel qu’elle exerce auprès des femmes. On connaissait le quantième, très apprécié pour son utilité au quotidien. Le chronographe également, plus rare, mais dont les apparitions ponctuelles sur quelques modèles féminins rappellent que la complication horlogère n’est pas l’apanage du genre masculin. A quelques exceptions près, le tourbillon était quant à lui principalement réservé aux hommes. Cette année, ce régulateur – inventé par Abraham-Louis Breguet en 1801 pour compenser les effets néfastes de la gravité sur la précision du mouvement mécanique – sort le grand jeu. Souligné de diamants ou drapé de nacre, en version mini ou en mode extra-plat, éblouissant sur un ciel d’aventurine ou trônant en majesté.

Plus petit, plus fin

Bulgari a donné le ton dès le début de l’année en présentant la montre Serpenti Seduttori Tourbillon, dont le mécanisme annoncé par la marque comme le plus petit tourbillon du monde a été spécialement développé pour se lover dans le boîtier en forme de tête de serpent. «Sa création marque la renaissance d’une tradition perdue dans les années 1970 lorsque les mouvements mécaniques miniatures furent remplacés par des mouvements à quartz», précise Bulgari. «Avec son design signature et son tout petit mouvement, cette Serpenti est emblématique de ce que nous souhaitons représenter à travers nos créations», confirme Antoine Pin, directeur de la division horlogerie de Bulgari. «Elle allie la précision et l’esthétique dans un volume réduit à l’essentiel. En minimisant la place occupée par la technique, nous avons toute la liberté de nous exprimer à travers la création de nouveaux designs.»

Le tourbillon se dévoile également chez Piaget dans une version à la silhouette follement mince, une spécialité de la manufacture de La Côte-aux-Fées qui, depuis 1957, enchaîne les démonstrations de force dans le domaine de l’ultra-plat. «Chez Piaget, nous aimons dire que nos mouvements extra-plats libèrent la créativité et que notre savoir-faire technique est au service de l’esthétique», rappelle Quentin Hébert, responsable du marketing montres. Avec l’Altiplano Tourbillon Infinitely Personal, la marque propose surtout à ses clientes de laisser libre cours à leur imagination en choisissant à travers une multitude de combinaisons de boîtiers, cadrans et bracelets. En guise d’inspiration, Piaget livre d’ailleurs trois compositions flamboyantes ornées, au choix, d’un cadran pavé de diamants, d’un cadran en nacre rouge guillochée ou d’un cadran guilloché soleil enduit de laque verte translucide.

Pour la première apparition de son calibre de manufacture 2160 à tourbillon dans un modèle spécialement développé pour les poignets menus, Vacheron Constantin ne lésine également pas sur l’usage des diamants. La montre Traditionnelle Tourbillon se décline en deux modèles drapés de lumière, en or rose, diamants et nacre ou en or blanc intégralement pavé de diamants. Mais, aussi éblouissante soit-elle, cette tenue d’apparat ne vole pas la vedette à la technicité mise en œuvre en coulisses. Et, surtout, aux efforts déployés pour assurer une grande finesse au mouvement, lui permettant ainsi de prendre place dans un boîtier aux proportions harmonieuses dédié aux femmes.

Brillante complication

Cet impératif de finesse se retrouve aussi chez Parmigiani Fleurier, illustré par la nouvelle Tonda 1950 Moonbow. Au cœur du boîtier en or, la cadence est assurée par le calibre extra-plat PF517, dont le micro-rotor en platine est intégré dans la platine même du mouvement. Un gain de place qui permet de conserver une taille de montre raisonnable tout en s’autorisant toutes les exubérances joaillières. Telle une allégorie céleste, comme le précise la marque, «la Tonda 1950 Moonbow présente ainsi un tourbillon volant, illustrant une galaxie spirale, un ensemble d’objets célestes apparaissant sous forme de disque, dans un précieux ciel d’aventurine». Pour rehausser ce spectacle, une lunette sertie de pierres de couleur taillées en baguettes illustre quant à elle un arc-en-ciel lunaire, un phénomène météorologique nocturne extrêmement rare.

On l’aura compris, quand la complication mythique inventée par A.-L. Breguet est conjuguée au féminin, la sophistication technique s’accompagne quasi systématiquement d’une belle virtuosité joaillière. A quelques exceptions près pourtant: après avoir remporté le prix de la Meilleure Complication pour dame au Grand Prix d’horlogerie 2019 avec la Legacy Machine FlyingT, MB&F renonce aux diamants pour mettre à nu les rotations du tourbillon. «A notre surprise et plus grande joie, la FlyingT a connu un succès instantané et est devenue notre best-seller de 2019», assure le service communication de la marque à propos des deux versions serties présentées l’année dernière.

Elle ose cette année deux nouvelles variations en or rose ou en platine qui s’ouvrent sur un cadran guilloché dans les règles de l’art, à la main. Sous son dôme de saphir, surplombant le centre du cadran, le tourbillon volant règne en majesté. Seul un diamant vient couronner le sommet de sa cage tournante. Un détail tout aussi précieux que cet exercice technique qui, pour les femmes, trône en bonne place au royaume des complications horlogères.

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