Il y a eu un avant et un après. Une époque où la montre de plongée s’imposait comme un instrument de survie en milieu aquatique. Une autre – la nôtre – où les ordinateurs, jugés nettement plus précis et fonctionnels, ont supplanté les montres mécaniques au poignet des amateurs et des plongeurs professionnels. Aujourd’hui, la grande majorité des modèles produits dans les ateliers d’horlogerie reste sagement sur la plage, sur le pont d’un bateau, voire dans le cadre confiné du bureau. Appréciés pour leur look cool et leur robustesse à toute épreuve, ils déploient leur pouvoir de séduction au-delà de l’audience réduite des amateurs d’exploration sous-marine. Et pourtant, la plupart des montres dites de plongée continuent de respecter des critères techniques permettant d’aller taquiner les requins en eaux profondes.

Etanche comme une huître

L’apparition des premières montres étanches remonte au début du siècle dernier sous l’impulsion de Hans Wilsdorf qui, dès les débuts de Rolex, a fait de la quête de la précision son cheval de bataille. «Sans cesse, je répétais à mes collaborateurs techniques: «Nous devons arriver à créer un boîtier dont l’étanchéité garantisse définitivement nos mouvements de précision contre les dégâts de la poussière, de la transpiration, de l’eau, du chaud et du froid. Alors seulement sera assurée la précision parfaite de la montre Rolex», écrivait-il en 1945, en référence à la première Oyster, sortie des ateliers en 1926. Pour médiatiser ses performances auprès du grand public, Rolex avait offert cette première montre waterproof à la nageuse anglaise Mercedes Gleitze lors d’une traversée inédite de la Manche. Le mythe Oyster était né, réinterprété depuis lors dans des modèles innovants, capables d’accompagner les explorateurs dans les exploits les plus fous.

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Les modèles Oyster de Rolex se sont taillé une solide réputation. D’abord lorsqu’ils atteignent le sommet de l’Everest en 1953 au poignet de Sir Edmund Hillary. Et sept ans plus tard, lorsque, fixés à l’extérieur du bathyscaphe Trieste piloté par le Suisse Jacques Piccard et l’Américain Don Walsh, ils atteignent le fond de la fosse des Mariannes, à quelque 11 000 mètres de profondeur. Une histoire que la marque continue notamment d’écrire avec la Sea-Dweller. Conçue en collaboration avec les pionniers de la plongée professionnelle, cette montre-outil a accompagné les premiers programmes expérimentaux de vie en mer menés dans des habitats subaquatiques. Etanche à 1220 mètres de profondeur, elle intègre sur le flanc de son boîtier une valve à hélium. Cette innovation, brevetée par Rolex en 1967, agit comme une soupape de sécurité et permet de laisser s’échapper, lors des phases de décompression en caisson, un surplus de pression accumulé à l’intérieur du boîtier pendant la plongée.

Passé militaire

Dans le sillage de Rolex, d’autres maisons se sont particulièrement illustrées au royaume des abysses, comme Panerai. Méconnue du public jusqu’à la commercialisation de ses montres en 1993, la maison italienne a fait ses armes à partir des années 1930 en produisant des séries limitées exclusivement réservées aux membres de la marine italienne et égyptienne. De quoi convaincre les amateurs d’horlogerie de la performance de ses collections, qu’elle décline depuis au rythme des innovations techniques et des nouveaux matériaux, notamment dans la gamme Submersible spécialement dédiée à la plongée. Forgée en Carbotech, un matériau robuste et hyper-léger conçu à partir de fibre de carbone, la récente Submersible Carbotech s’impose comme l’archétype de la montre de plongée contemporaine: un boîtier démesuré de 42 ou 47 mm, une excellente lisibilité des indications dans l’obscurité complète grâce au revêtement Super-LumiNova, une petite seconde permettant d’indiquer la bonne marche du mouvement mécanique et une lunette tournante unidirectionnelle. Sans oublier une étanchéité garantie jusqu’à 300 mètres.

D’autres modèles légendaires viennent enrichir la galaxie des montres de plongée. Créée en 1953 aux côtés de la Speedmaster et de la Railmaster dans une trilogie de montres professionnelles, la Seamaster d’Omega a conquis le monde du silence au poignet de Jacques-Yves Cousteau ou de Jacques Mayol. Sur grand écran, elle devient dès 1995 l’un des accessoires incontournables de la panoplie de James Bond. Il faudra finalement attendre cet automne pour découvrir la toute dernière variation façonnée en titane sur les conseils de Daniel Craig. «Nous avons pensé que la légèreté de la montre serait un critère essentiel pour un soldat comme 007. J’ai également suggéré d’ajouter quelques détails et couleurs d’inspiration rétro pour conférer à la montre un style unique», précise l’acteur en référence au cadran assorti à la lunette brun tropical et aux aiguilles enduites de Super-LumiNova orangé.

Eau féminin

Autre marque, autre icône du genre: Blancpain revisite régulièrement sa montre Fifty Fathoms créée en 1953 pour équiper les nageurs de combat de l’armée française. Doté d’aiguilles et index luminescents, d’un mouvement automatique, d’une protection anti-magnétique, d’une lunette tournante et, évidemment, d’un boîtier étanche, le modèle de l’époque combinait déjà la quasi-totalité des caractéristiques de la norme ISO 6425 établie en 1996 pour les montres de plongée. L’édition spéciale Nageurs de combat les réunit toutes dans son boîtier en acier de 45 mm étanche à 300 mètres qui affiche un petit côté néo-rétro très apprécié par les amateurs d’horlogerie.

Pour les amatrices de sports aquatiques, le choix est réduit. Elles peuvent opter pour un modèle masculin au look hyper-robuste d’un diamètre de 42 à 48 mm ou se tourner vers TAG Heuer, dont la collection Aquaracer propose une montre féminine esthétique de 32 mm en acier assortie d’un cadran vert qui a mis de côté certains des critères techniques du genre. Chez Ulysse Nardin, la montre Diver Great White s’habille également d’une combinaison toute féminine. Des codes de la montre de plongée classique, il reste la luminescence, l’étanchéité à 300 mètres et la lunette tournante unidirectionnelle. Une touche précieuse complète le look avec des index en diamant. Histoire de briller dans toutes les situations, au fond des mers ou en société.

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