Bientôt les Fêtes! Chaque jour, zoom sur un champagne singulier.

Au sud, Cédric Bouchard. Bar-sur-Aube, la côte des Bars aux sols réputés marneux, un domaine mi-nus-cule de 1,4 hectare concentré en une parcelle unique dite Val Vilaine.

Au centre, à Bouzy, village de la vallée de la Marne classé grand cru et réputé pour ses pinots noirs, Benoît Lahaye.

Jeunes pousses, talents neufs et bourgeonnants, ces deux-là travaillent en bio et s’affirment comme les valeurs montantes de la viticulture champenoise.

A déguster côte à côte le blanc de noirs du premier, joliment nommé Inflorescence, et le brut nature du second (10% de chardonnay pour 90 de pinot noir), on reste bluffés. Pour des raisons différentes. Le second est a priori plus flatteur et complexe, avec sa robe mordorée, sa légèreté de nuage en bouche. Plus de fruit et d’agrume, de citron, voire de pomme verte.

Le premier, un blanc de noirs plus austère et minéral, va exprimer son côté floral et cristallin peu à peu, en demi-teintes, sur un poisson grillé, une volaille. Plus farouche, à la manière de ces beautés sauvages, des natures qui ne s’apprivoisent qu’à demi, plus Agnès Jaoui qu’Audrey Tautou. On ne tombe pas tout de suite. On remet le DVD et là, on s’extasie intérieurement. Alors un mot, un seul: foncez à Bouzy et à Bar, avant que les prix ne s’enflamment. Foncez-y car ces deux champagnes sont terribles…

Inflorescence, Val Vilaine, Blanc de Noirs, Cédric Bouchard, 48 francs.Brut nature, Benoît Lahaye, 38.50 francs. C.A.V.E., à Gland: www.cavesa.ch Demain: Derrière l’étiquette