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la fleur du cuir

J.M Weston, un savoir-faire qui prend son temps

Il s’écoule près d’un an et demi entre le moment où la peau quitte l’abattoir et celui où la paire arrive en magasin. Un périple qui commence dans une installation industrielle datant de 1806 au cœur du Limousin

Imaginez, il s’écoule près d’un an et demi entre le moment où la peau quitte l’abattoir et celui où la paire arrive en magasin. Un périple qui commence dans une installation industrielle datant de 1806 au cœur du Limousin et se termine par l’expédition des chaussures dans leur boîte en direction des divers points de vente de la marque après un dernier bichonnage attentionné.

C’est le séjour en tannerie qui s’éternise, la fabrication en manufacture étant, elle, beaucoup plus courte: neuf semaines tout de même pour en moyenne 150 prises en main.

Du temps, il en faut également pour faire les chaussures siennes. Environ deux mois de souffrance pour qu’elles se forment. «Certains fortunés engagent encore de nos jours des valets de pied sur le critère de leur pointure, pour qu’ils accomplissent cette tâche à leur place. C’est dommage. C’est se priver du plaisir qui succède à la peine», écrit Didier van Cauwelaert, Prix Goncourt en 1994 pour Un aller simple, et auteur d’un livre dédié à J.M. Weston.

C’est en 1891 qu’Edouard Blanchard fonde à Limoges une manufacture spécialisée dans la fabrique de chaussures. En 1904, son fils Eugène part à Weston, aux Etats-Unis, pour apprendre la technique du cousu Goodyear. A son retour en France, il dépoussière et développe le business paternel, en proposant notamment plusieurs largeurs par demi-pointure et la fameuse technique de couture américaine. Eugène Blanchard s’associe à Jean Viard en 1922. Ensemble ils déposent le nom J.M. Weston et ouvrent la première boutique de la maison à Paris au 98, boulevard Courcelles. Il court plusieurs rumeurs sur l’origine des initiales J.M. mais aucune n’a été officialisée.

Dans les années 60, les «minets» de la bande du Drugstore des Champs-Elysées popularisent le 180, le mocassin emblématique (les autres modèles phares étant le Derby chasse, le Derby golf et la bottine Cambre).

En 1974, Jean-Louis Descours acquiert J.M. Weston, qui rejoint les autres marques du groupe EPI (pour société de participations européennes industrielles, propriétaire également de Bonpoint, Alain Figaret, François Pinet, Michel Perry, les Champagnes Piper-Heidsieck ou encore des vins du Château La Verrerie dans le Lubéron). En 1986, la première boutique new-yorkaise de la maison ouvre, puis ce sera en 1993 au tour de celle de Tokyo et, en 2004, celle de Hongkong.

J.M. Weston emploie environ 200 personnes entre Limoges et Paris (un chiffre auquel s’ajoutent les forces de vente dans toutes les boutiques en nom propre et corners autour du monde). Chaque année, environ 100 000 paires sont produites, dont 30 000 du célèbre mocassin. Les trois quarts des chaussures sont fabriquées dans la manufacture limousine et le reste en Italie. Le prix d’une paire varie de 500 à 1500 euros. Un service personnalisé répond, sur devis, aux désirs particuliers des clients, qu’il s’agisse d’une paire de mocassins en python rose ou d’un derby chasse en peau de requin dorée. Hormis ses nombreux clients autour du monde, la maison confectionne aussi les bottes sur mesure de la Garde républicaine ainsi que celles des gendarmes français.

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