Paris, février 1978. Le Palace, un nouveau club, s’apprête à ouvrir ses portes. La veille de l’inauguration, le patron organise une sauterie où se presse le gratin du showbiz. En pleine euphorie nocturne, un homme grimpe au premier balcon de l’ancienne salle de théâtre à l’aide d’une échelle. Il est tout nu. Lorsqu’il se décide à redescendre, voilà que l’échelle a disparu. Ni une ni deux, il saute dans la foule, atterrit indemne.

Deux décennies plus tard, l’anecdote surgit sur le plateau du talk-show français Tout le monde en parle. L’ex-oiseau de nuit arbore quelques mèches blanches, mais le teint est frais, l’enthousiasme intact. «J’étais complètement saoul. Heureusement, quand j’ai sauté, deux personnes m’attendaient en bas!» Sourire gêné: l’extravagant est aussi un timide. Et un élégant, en témoigne sa tenue dandyesque, chemise blanche, gilet et veste de costume noirs, pantalon écossais jaune et derbies cloutés. Jouissance de la vie et amour du vêtement. Son nom était Kenzo Takada.