La montre

Klokers, la montre sans aiguilles

La «success story» en quatre chapitres de la jeune marque franco-suisse qui cartonne sur les plateformes de financement participatif

Suffisamment compliquée pour attirer le regard et le retenir quelques instants. Mais suffisamment simple pour que l’on comprenne en un coup d’œil comment elle fonctionne. Klokers n’est de loin pas la première marque qui applique ce principe horloger, mais elle est peut-être celle qui le fait de façon la plus littérale. Ce n’est pas sa seule particularité.

Klokers, c’est d’abord cette petite société franco-suisse née en 2015 dont les montres répliquent le design des règles à calcul des années 1970. Alors oui, de prime abord, le cadran paraît infiniment complexe et totalement surchargé. Mais cet a priori disparaît une fois la montre au poignet. La lecture de l’heure via ces différents disques mobiles (qui tournent dans… le sens contraire des aiguilles d’une montre) se révèle plutôt intuitive. Sur ce modèle qui nous a été prêté par la marque, c’est la ligne jaune, à midi, qui indique l’heure.

Les mauvaises langues peuvent ricaner de ce design surjouant la carte si vendeuse du vintage – et le critiquer pour son côté un peu sophistiqué. Soit. On leur rappellera simplement que le prestigieux MoMA de New York a choisi de l’exposer dans son Design Store aux côtés de Swatch et autres Casio.

La montre et au-delà

Klokers, ce n’est pas qu’une montre. C’est aussi un écosystème que l’un des cofondateurs, Richard Piras, relie au mouvement «Fashiontech». Un système breveté permet, en cliquant sur le côté de la montre, de décrocher le boîtier de son bracelet pour le fixer à sa ceinture, dans une petite pochette, sur un support de bureau…

C’est malin et bien pensé. La montre devient légère, transportable, ludique. Un gadget, certes, mais qui reste chic. Fin septembre, Klokers a d’ailleurs annoncé qu’elle s’associait avec la maison italienne Il Bussetto pour confectionner un étui en cuir transformant la montre-bracelet en montre à gousset.

Klokers, c’est encore cette marque qui a fait lever quelques sourcils à l’industrie horlogère dès 2015. Arrivée de nulle part, elle a été l’une des premières entreprises du secteur à lever en quelques heures des centaines de milliers de francs sur la plateforme de financement participatif Kickstarter.

Lire aussi: Les clés du «crowdfunding» horloger

Un comble vu qu’elle n’en avait en réalité pas besoin. En parallèle, l’entreprise s’était en effet assurée du soutien de différents investisseurs (des tours de table successifs ont rapporté en tout cinq millions de francs, selon ses patrons). Cette incursion sur les réseaux n’était en fait qu’un moyen de «tester le marché», comme elle le dit joliment. Ou quand une levée de fonds sert aussi de campagne marketing.

Quartz «Swiss made»

Klokers restera enfin comme un enseignement pour qui s’intéresse à l’industrie horlogère. Rappelons en effet que l’entreprise est arrivée sur le marché en 2015. En termes horlogers, 2015 fait date puisque c’est l’année d’arrivée sur le marché de l’Apple Watch… et d’une déferlante de montres connectées diverses. Cette année-là, Bulgari, Breitling, TAG Heuer, Frederique Constanou encore Mondaine ont présenté leurs modèles à Baselworld.

Klokers n’a ni souffert de cette vague de fonds ni cédé aux sirènes de la connexion. Au contraire, elle s’est «contentée» de proposer une montre «Swiss made» – mouvements bâlois Ronda, assemblée aux Breuleux (JU) – à quartz à moins de 500 francs. Et elle a réussi son coup. Une preuve que l’horlogerie suisse électronique traditionnelle, si elle est originale et accessible, n’a définitivement pas dit son dernier mot.


Spécificités

Marque: Klokers

Nom complet: Klok-08 – Bracelet droit

Diamètre: 39 mm

Boîtier: acier inoxydable

Calibre: Ronda quartz anti-horaire

Réserve de marche: -

Prix: 428 euros (env. 490 francs).

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