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Kylie Jenner/Carrie Ingalls

Et si les créateurs qui nous inspirent n’étaient que des avatars? C’est la question que se pose cette chronique. Aujourd’hui: comment le clan Kardashian est la copie non conforme de la famille Ingalls

Kylie, c’est Carrie. Et nous voilà mal barrés, n’est-ce pas? Et c’est ce que vous pensez, n’est-ce pas?

Bien que vous sussiez de qui je parle, vous êtes tellement snob que vous faites semblant de ne rien comprendre. Donc, je vais faire semblant de vous l’expliquer. Jeu de dupes, poil à la minijupe.

Kylie a fait la couverture du magazine Forbes, qui l’a intronisée «plus jeune milliardaire de tous les temps». Kylie Jenner, 21 ans, a fait mieux que Mark Zuckerberg, qui dut attendre ses 23 ans pour entrer dans ce classement. Kylie a réussi cet exploit en mettant à profit ses 110 millions de fans sur Instagram. Et en vendant des produits de maquillage dont le plus rentable est un soin pour les lèvres repulpant (elle qui se fit refaire la bouche…). Plus étonnant: l’entreprise de Kylie Jenner n’emploie que sept personnes. Ce qui rend la fortune de Kylie franchement odieuse, n’est-ce pas?

Kylie Jenner est l’une des filles du clan Kardashian, tribu friquée qui s’expose sous les feux de la téléréalité depuis 2007, et qui se décline en une cascade de produits dérivés et de scandales. Une famille? Un empire sur lequel les spotlights ne se couchent jamais. Il y a Kris, la mère qui tient tout en main. Il y a le père, Bruce Jenner, champion olympique de décathlon en 1976, qui fut un héros de virilité américain et qui, en 2013, entreprit de changer de sexe – Bruce s’appelle désormais Caitlin. Il y a la sœur Kim Kardashian, compagne du rappeur bling-trumpiste Kanye West. Et il y a tout une portée de belles-sœurs ou de fiancés plus ou moins doués pour la bouteille, le mannequinat ou le tabassage de filles.

Gentils écœurants, méchants même pas drôles

Tout cela dessinant, je parie que c’est votre avis, un tableau édifiant de ce qu’est devenue la famille médiatique d’aujourd’hui: une entreprise peuplée de capitalistes, d’exhibitionnistes et de faux culs (au sens propre, tant la silhouette callipyge des filles Kardashian est d’origine suspecte).

A ce stade, vous êtes du genre à regretter les familles d’antan. Bande de nazes! Tas de «gilets jaunes»! Car quelle est la famille américaine aussi iconique que le clan Kardashian? Celle de La petite maison dans la prairie, avec son Charles Ingalls pieux et bien pectoré, avec ses gentils écœurants, avec ses méchants même pas drôles et sa morale sournoise (vous avez remarqué comment, dans La petite maison dans la prairie, les orphelins et les pauvres finissent toujours mal, comme s’ils ne méritaient pas d’aller au paradis?). A ce titre, Kylie Jenner, c’est un peu la réincarnation de Carrie Ingalls, la petite sœur que l’on voyait culbuter dans le pré à chaque générique du feuilleton, l’éternelle numéro deux née avec les dents en avant et qui finit par ravir la vedette aux autres…


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