Tourisme

Le lac des Quatre-Cantons entre culture et nature

Réalisé pour LUCERNE TOURISME Cernée par le lac des Quatre-Cantons et la Reuss, la «ville lumière» de Suisse reste une destination de premier choix pour un séjour qui marie culture, histoire et nature

Depuis les 2132 mètres du Pilate, la cité apparaît au loin, cernée d’eau et de montagnes. Ainsi se dévoile Lucerne, du haut des sommets qui la dominent ou au hasard d’une croisière sur le lac des Quatre-Cantons dont elle constitue le port d’attache. La ville de Suisse centrale est l’une des destinations les plus prisées de l’Arc alpin. Sa réputation a dépassé les frontières, son attrait reste intact au fil des ans, des modes et du temps. Elle demeure une escale privilégiée des touristes du monde entier, tour-opérateurs et instagrammeurs, qui viennent ici saisis par l’atmosphère chargée de pittoresque et d’authenticité, qui déjà séduisait les voyageurs du XIXe siècle, tels Richard Wagner, J. M. William Turner, Mark Twain ou encore Léon Tolstoï. Ce dernier a même consacré une nouvelle à Lucerne avec ces premiers mots: «Lucerne, la vieille ville cantonale, située au bord du lac des Quatre-Cantons, est un des sites, dit Murray, les plus romantiques de la Suisse. Trois routes principales s’y croisent et à une heure de bateau se trouve le Rigi, d’où l’on voit un des plus grandioses paysages du monde.»

La croisière s’amuse de Lucerne à Uri

Il n’y a rien à changer à cette description d’une totale actualité. Lucerne demeure un bonheur pour le visiteur en quête de culture, d’histoire et de nature. Mais par où commencer? Par l’eau, forcément. L’élément dessine toute la carte de la région, profitant des méandres du paysage alpin pour étendre ses bras et offrir un terrain de croisière unique. La société de navigation du lac des Quatre-Cantons, (Schifffahrtsgesellschaft des Vierwaldstättersees, SGV) propose un programme aussi riche que tentateur: croisière brunch, Worldfood ship, raclette, fondue, barbecue, spécialités du terroir, dîner aux chandelles, soirée de gala ou concert de jazz, voilà quelques-unes des offres gourmandes de la SGV, dont le programme varie selon les saisons. Les autres circuits et excursions de la compagnie permettent, en outre, de s’imprégner de la particularité du lac, dont les ramifications qui se glissent entre les roches prennent des airs de fjord norvégien. Si le lac mesure 38 km de long, sa largeur n’est jamais très importante, ce qui offre constamment des vues sur les rives et les montagnes, paysage pittoresque s’il en est. Les possibilités de combiner excursion et croisière sont nombreuses.

Les croisières permettent de s'imprégner du lac dont les bras entres les roches prennent des airs de fjord norvégiens

A tout moment, il est possible et même souhaitable de faire une halte. A Weggis par exemple, sur les pas de Mark Twain qui y résida plusieurs mois en 1897, sans doute charmé par le climat exceptionnellement doux de ce village où poussent figues et châtaignes. Selon les escales, on peut rejoindre les téléphériques, s’échapper en altitude, jusqu’au Rigi, au Bürgenstock, au Pilate ou à Klewenalp, et profiter à chaque fois d’une vue époustouflante sur le lac des Quatre-Cantons. A moins de préférer descendre à Vitznau, autre escale, et d’emprunter le train à crémaillère, premier d’Europe, mis en service en 1871.

Du côté d’Uri, c’est avec l’histoire suisse que l’on a rendez-vous. Sur la rive est se devine la prairie du Grütli (Rütli), considérée comme le berceau de la Suisse, où en 1291, trois représentants d’Uri, Schwytz et Unterwald auraient scellé leur union contre l’occupant de la maison des Habsbourg. Alors qu’à quelques brasses au nord, sur la rive opposée, se dresse la chapelle Tell érigée à la gloire du héros national, Guillaume Tell. La légende veut qu’à cet endroit il ait sauté du bateau de Gessler, le tyran habsbourgeois, pour atterrir sur la roche le surplombant et recouvrer la liberté. Tout au bout du lac d’Uri se trouve Flüelen, bourgade de moins de 2000 habitants, à l’importance capitale pour le commerce entre le sud et le nord. En effet, ici transitaient les marchandises transportées à dos de mulet pour franchir le col du Gothard. C’est désormais le train qui a pris le relais, les touristes ont remplacé les marchands et n’ont plus à monter le raide sentier, mais simplement à emprunter le tunnel ferroviaire le plus long du monde (57 km) inauguré en 2016.

Décollage immédiat au Musée Suisse des Transports

Cet ouvrage exceptionnel s’inscrit dans la tradition de l’optimisation des moyens de transport en Suisse, pays de montagne, au carrefour du nord et du sud, qui a de tout temps cherché à innover en matière de mobilité. C’est ce que l’on peut découvrir au Musée Suisse des Transports, autre fleuron lucernois qui fête ses 60 printemps. Pour la deuxième année consécutive, l’institution invite au décollage, avec un programme dédié à l’aviation et à la navigation spatiale. Le thème est en effet tout indiqué avec le cinquantième anniversaire de la mission Apollon 11 et du premier homme sur la Lune. A noter, pour la petite histoire, que seulement vingt jours avant cet exploit historique, le 1er juillet 1969, le Musée Suisse des Transports ouvrait le plus grand (et alors unique) planétarium de Suisse, une coupole de 18 mètres de diamètre qui offre une présentation des astres et de leurs mouvements vus de la Terre, quelles que soient l’heure ou la saison. C’est aujourd’hui encore un des points forts du musée qui en compte bien d’autres. Ainsi peut-on décoller dans le simulateur d’hélicoptère, effectuer des loopings dans le simulateur de vol, se prendre pour un mécanicien dans le simulateur ferroviaire, s’émerveiller dans l’auto-théâtre de la halle du transport routier, construire des routes dans l’arène routière, apprendre ou réapprendre le code de la route dans le jardin de circulation, plonger dans la réalité virtuelle avec le Media World, regarder des films au format XXL au Cinéthéâtre ou traverser la Suisse sur une photo aérienne de 200 m². Les amateurs de chocolat auront également l’occasion de vivre une Swiss Chocolate Adventure, alors que les nostalgiques de la Belle Epoque ne manqueront pas le Nautirama. En quelque vingt minutes seulement, ils plongeront dans l’histoire de la navigation et du tourisme en Suisse, grâce à un dispositif son et images. Enfin, signalons encore que le Musée Hans Erni est situé dans ces lieux, documentant l’œuvre et la technique de l’artiste suisse décédé en 2015 au bel âge de 106 ans.

Silence absolu au KKL Luzern

Depuis plus d’un demi-siècle, le Musée Suisse des Transports est un incontournable de la balade touristique lucernoise. Mais il y a presque vingt ans, un autre édifice imposant s’est ajouté à la liste des sites à voir. Il s’agit du KKL Luzern (Kultur und Kongresszentrum Luzern), le Palais de la Culture et des Congrès de Lucerne, qu’on peut aussi agréablement rejoindre par bateau, depuis le Lido jusqu’au Bahnhofquai par exemple. Œuvre de l’architecte français Jean Nouvel, inauguré en 2000, l’édifice est composé de trois corps de bâtiment, posés tels des navires, entre lesquels ruisselle l’eau, alors qu’au sommet des plaques d’aluminium reflètent le lac et ses mouvements. Le KKL Luzern comprend une salle de concert, considérée comme une des meilleures du monde, signée Russell Johnson, qui réunit les conditions d’un silence absolu. La musique est reine en ces lieux, qui, comme chaque année, accueillent actuellement et jusqu’au 15 septembre le Lucerne Festival, quatre semaines dédiées à la musique classique avec près de 100 concerts, des orchestres célèbres, des chefs légendaires et la crème des solistes. Puis c’est le World Band Festival de Lucerne qui occupera la scène, du 21 au 29 septembre, avec le plus grand rassemblement d’orchestres d’instruments à vent d’Europe.

Turner, hôte du Kunstmuseum Luzern

Musique et peinture font bon ménage au KKL Luzern qui abrite également le Musée des arts de Lucerne. Ce dernier célèbre les 200 ans de la collection d’art de Lucerne en s’offrant un accrochage de taille: Turner, la mer et les Alpes, à voir jusqu’au 13 octobre. J. M. William Turner était un habitué de la Suisse, ne la visitant pas moins de six fois entre 1802 et 1844, se rendant régulièrement à Lucerne notamment pour étudier les vibrations et interactions de la lumière, du lac et des montagnes. Parmi les œuvres présentées ici, une aquarelle, datant de 1842-1843, montre la ville un soir de pleine lune. On semble deviner ce qui aujourd’hui encore demeure l’emblème de la ville: le pont de la Chapelle, Kapellbrücke en allemand, et sa tour de l’Eau.

Le monde entier a frémi dans la nuit du 18 au 19 août 1993, lorsque ce pont de bois couvert, le plus ancien d’Europe, construit en 1333, a été la proie des flammes. Seules ses extrémités ont été épargnées par le feu. Le reste de l’édifice a été reconstruit en un temps record, soit un an après l’incendie, comme un acte d’urgence face à ce qui a été un traumatisme que l’on peut aujourd’hui comparer, hélas, à celui de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. A l’intérieur du pont, un cycle de tableaux triangulaires datant du XVIIe siècle évoque l’histoire de la Suisse.

«La pièce la plus triste et émouvante du monde»

Le pont de la Chapelle a toujours servi de passerelle entre les deux rives de la Reuss et faisait partie anciennement des fortifications de la ville. De celles-ci subsistent les remparts de la Musegg, ou Museggmauer, érigés en 1408 – et qui, avec leurs trois tours médiévales (Schirmerturm, Zytturm et Männliturm), constituent un autre symbole de Lucerne –, ainsi qu’une promenade très instructive d’où on admire une magnifique vue sur les toits lucernois. On devine à l’est, celui, circulaire, du bâtiment, aujourd’hui classé, qui abrite le Panorama Bourbaki. Cette peinture cylindrique de 10 mètres de haut, 35,6 mètres de diamètre et 112 mètres de long représente la débâcle de l’armée Bourbaki, en janvier 1871. Désignée monument culturel européen, cette fresque illustre aussi l’une des premières actions humanitaires d’envergure de la Croix-Rouge. A quelques pas seulement, il vaut la peine de faire un crochet par le Jardin des glaciers. C’est là qu’on peut admirer le monument du Lion, taillé dans la roche en mémoire des gardes suisses du roi de France morts lors de la Révolution française en 1792, et que Mark Twain a décrit en 1880 comme «la pièce de pierre la plus triste et émouvante du monde».

Places historiques et décors rococo

A Lucerne, les références historiques sont omniprésentes et se révèlent au fil de balades rendues aussi agréables qu’instructives par les zones piétonnes. On peut ainsi admirer les nombreuses demeures historiques, dont certaines ornées de fresques, et déambuler d’une place à l’autre. Un arrêt à la place Weinmarkt s’impose. C’est là qu’en 1332, les Lucernois ont prêté serment pour adhérer à la Confédération helvétique. A quelques mètres de là, une autre place mérite le détour, la Mühlenplatz, qui, avec 1500 m2, est la plus grande place historique de Lucerne.

Pour admirer un autre joyau lucernois, il faut traverser la Reuss par un pont piétonnier, sans manquer le coup d’œil sur le pont de la Chapelle, et rejoindre l’autre rive où se situe l’église des Jésuites du XVIIe siècle, la plus ancienne construction baroque sacrée de Suisse.

Ciné-piscine

En poursuivant sur la rive droite et en dépassant la gare, dont le hall, inauguré en 1990, est signé d’une pointure de l’architecture actuelle, Santiago Calatrava Valls, on atteint facilement le quartier de Neustadt. S’y déploient boutiques, galeries, restaurants, cinémas, bars, hôtels et même une piscine dans laquelle, à défaut de nager, on peut assister à des pièces de théâtre, des spectacles de danse ou des projections cinématographiques.
L’été, il est très agréable de profiter d’une des nombreuses terrasses, qu’elles soient perchées au sommet, comme celle de l’Hôtel Astoria (rénové par le duo Herzog & de Meuron), ou posées, le temps d’une saison, au bord du lac et de la Reuss. Comme souvent à Lucerne, l’eau n’est jamais loin.


Plus d'informations sur www.willisau-tourismus.ch

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