Elle marche sur les bords du Léman, en cette fin d’après-midi pluvieux de décembre. Coiffée et maquillée pour le shooting, Lætitia Dosch irradie dans le café presque vide du Théâtre de Vidy. Pas un frisottis. Pas une trace de mascara sur la joue. Sa chevelure dorée qui ondulait juste ce qu’il faut et son regard rehaussé par les fards sombres étaient passés entre les gouttes. Comme si cet être à la beauté émouvante avait touché la pluie.

Dans ce théâtre endormi par la crise sanitaire, on peut s’asseoir mais on ne peut rien consommer. Un groupe de retraités jouent aux cartes et rient fort. A travers les grandes baies vitrées, le paysage est lui aussi plongé dans une veille de saison. Cette ambiance ralentie est propice à une longue discussion. Le sujet? Le rapport que cette actrice franco-suisse tisse avec la nature, le règne animal, les autres, le monde. Sans trop de filtres, elle confie ses ombres et se remet sincèrement en question. Elle est ici, comme sur scène et à l’écran, une quadragénaire bouleversante de fragilité, de profondeur et de résilience. En quête de sens à donner aux choses et de liens authentiques avec toutes les espèces de la planète, elle pose un regard empathique sur ce qui l'entoure.